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Accueil > Livres > Terry Eagleton et l’industrie de la penséeHope without Optimism

13 novembre 2016

« Espoir sans optimisme »

Terry Eagleton et l’industrie de la pensée
Hope without Optimism

Un livre contre l’optimisme sans fondement et le bonheur obligatoire.

par Terry Eagleton*

 

Toutes les versions de cet article : [Español] [français]

Avis aux éditeurs en langue française : cet ouvrage n’est pas encore traduit en français.

L’industrie de la pensée a remplacé l’idée d’espoir par un terme moins intrigant et plus simple à manier : l’optimisme.

Un optimisme qui apparaît non seulement dans l’auto-conviction et dans la haute philosophie mais qui est, pour Eagleton, le nerf de la religion dominante en Europe : le christianisme.

Dans un exercice virtuose d’érudition, de sérieux et d’humour, Terry Eagleton distingue l’espoir de l’optimisme ingénu et replié, de la jovialité, de l’idéalisme ou de l’adhésion à la doctrine du progrès.

Eagleton propose, en revanche, un objectif d’espoir qui requiert une réflexion et un engagement, qui surgit de la rationalité lucide, qui doit être cultivée grâce à la pratique et à l’autodiscipline, et qui reconnaît l’échec et la déroute mais se refuse à capituler devant ceux-ci.

Terry Eagleton investigue le concept d’espoir tel qu’il a été (souvent de façon erronée) conceptualisé pendant plus de six millénaires, depuis la Grèce antique jusqu’à nos jours, des stoïciens à Zizek en passant pour Saint Thomas d’Aquin, Kierkegaard, Marx, Bloch et Benjamin.

« L’espoir sans l’optimisme » est une chronique passionnée, brillante et engagée, de la croyance humaine et du désir dans un monde de plus en plus incertain.

Prologue

Quelqu’un comme moi, pour qui la bouteille proverbiale n’est pas seulement à moitié vide mais presque surement contient un liquide potentiellement létal et d’un goût répugnant, n’est peut être pas l’auteur le plus adapté pour écrire sur l’espoir. Il y a ceux dont la philosophie est « mange, bois et amuse toi, parce que demain nous mourrons » et ceux, avec lesquels je me sens plus en affinité. Raison pour laquelle j’ai choisi d’écrire sur ce sujet malgré cette angoissante propension qu’elle ait été curieusement ignorée à une époque qui, selon les mots de Raymond Williams [1], nous met face au « sentiment de perte d’avenir ». Il est possible qu’une autre raison pour éviter le sujet soit le fait que ceux qui s’aventurent à en parler sont acculés à l’insignifiance, à l’ombre de l’œuvre monumentale d’Ernst Bloch « Le Principe Espérance » que je traiterai dans le chapitre 3. Peut-être n’est ce pas le texte le plus admirable dans les annales du marxisme occidental, mais il est, avec différence, le plus long. (…)
*Terence Francis Eagleton, dit Terry, né le 22 février 1943 à Salford, Angleterre, est un théoricien et critique de la littérature britannique, actuellement considéré comme l’un des plus influents du monde britannique. Professeur de littérature anglaise à l’université d’Oxford (1992-2001), il enseigne actuellement la littérature anglaise à l’Université de Manchester. Auteur d’une quarantaine d’ouvrages.

Traduit de l’espagnol pour El Correo de la Diaspora par : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo de la Diaspora. Paris, le 13 novembre 2016.

ORIGINAL EN ANGLAIS

Priyamvada Gopal is lecturer in the Faculty of English, University of Cambridge.

« Hope without Optimism »
By Terry Eagleton
Yale University Press, 176pp, £18.99
ISBN 9780300217124
Published 15 October 2015

In his latest book, Terry Eagleton, one of the most celebrated intellects of our time, considers the least regarded of the virtues. His compelling meditation on hope begins with a firm rejection of the role of optimism in life’s course. Like its close relative, pessimism, it is more a system of rationalization than a reliable lens on reality, reflecting the cast of one’s temperament in place of true discernment. Eagleton turns then to hope, probing the meaning of this familiar but elusive word : Is it an emotion ? How does it differ from desire ? Does it fetishize the future ? Finally, Eagleton broaches a new concept of tragic hope, in which this old virtue represents a strength that remains even after devastating loss has been confronted.

In a wide-ranging discussion that encompasses Shakespeare’s Lear, Kierkegaard on despair, Aquinas, Wittgenstein, St. Augustine, Kant, Walter Benjamin’s theory of history, and a long consideration of the prominent philosopher of hope, Ernst Bloch, Eagleton displays his masterful and highly creative fluency in literature, philosophy, theology, and political theory. Hope without Optimism is full of the customary wit and lucidity of this writer whose reputation rests not only on his pathbreaking ideas but on his ability to engage the reader in the urgent issues of life.

Notes

[1Raymond Williams, « The Politics of Modernism ». T. Pinkney (ed.), London and New York, Verso, 1989. p103

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