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12 octobre 2004

La dollarisation de l’Équateur

 

Attac, 28 septembre 2004

L’économiste péruvien Carlos Parodi a indiqué, lors du Forum social de Quito en Équateur, qu’il existe différents modes et degrés de dollarisation ; la dollarisation de l’Équateur est la plus totale. Le pays a, en janvier 2000, abandonné sa monnaie nationale le Sucre, adopté le dollar-US et renoncé au droit d’émission.

C’est maintenant la Réserve fédérale des États-Unis qui détient le droit de seigneuriage à la place de la banque centrale d’Équateur. (y compris les gains obtenus sur l’émission du papier-monnaie). En pratique la Banque centrale d’Équateur n’a aucune autonomie de décision et ne peut accorder de crédit à une banque locale sans demander l’autorisation à la Réserve fédérale des États-Unis. D’ailleurs les Équatoriens estiment qu’ils n’ont plus de ministre des finances mais un " ministre de la comptabilité".

Un phénomène dramatique qui s’est produit durant le Forum social des Amériques a donné la mesure de cette impuissance du "ministre de la comptabilité". Les retraités de la fonction publique ne pouvant obtenir l’augmentation de leur pension fixée à 80 dollars mensuels ont entamé une grève de la faim. Installées sous des tentes devant le siège de la sécurité sociale au cour de Quito, les personnes âgées ont commencé à mourir, dans l’indifférence.

Finalement, au bout de 45 jours et de la survenue du 15e décès, le scandale a éclaté dans la presse. Le ministre des Finances a annoncé qu’il n’y avait pas d’argent dans les caisses de l’État. Finalement, le chef de l’État Lucio Gutierrez a suggéré la levée d’une taxe sur la bière. Le même jour, on pouvait lire dans un éditorial que l’État équatorien venait de verser au FMI 600 millions de dollars au titre des intérêts de la dette externe, or, pour répondre à la modeste demande des retraités il faudrait seulement 60 millions.

La dollarisarisation a permis d’accélérer la mise en place des exigences du Consensus de Washington, spécialement la restriction de l’investissement public, dans les travaux publics en matière sociale. De cette manière non seulement la situation des 60% de pauvres s’est aggravée, mais l’avenir risque d’être pire car l’économie est entrée en déflation. Le débat des économistes critiques porte aujourd’hui sur la manière de sortir de la dollarisation : sortie brutale ou sortie ordonnée.

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