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3 août 2014

Vu de Buenos Aires. Un autre aujourd’hui

par Claude Mary *

 

Personne ne souhaite s’endetter, se surendetter. Ni une famille, ni une ville, une Région, un Etat. Se trouver un jour à la merci de créanciers avides, animés par la seule convoitise.

Depuis 2004, l’Etat argentin a négocié avec ses créanciers, et restructuré une dette héritée de politiques néolibérales implacables. Avec un peu de perspective, il est important de revenir en arrière. Bien sûr, sur l’année 2001, les journées tragiques du mois de décembre. Mais remonter aux années 90, aux privatisations à outrance. Que signifie ici outrance ? J’entends par cela arbitraires, laissant des milliers de travailleurs avec une indemnisation dérisoire, promis à la pauvreté dans les semaines à suivre. Outrance ? Des retraités battant le pavé pour obtenir un minimum retraite. C’est dans la mémoire collective de tout un peuple, rompu aux crises gouvernementales à répétition.

Mais aujourd’hui est un autre ! Pour des millions d’Argentins, ces années ont été riches en changements politiques, sociaux, culturels. Les politiques des Droits de l’homme sont devenues politique d’Etat. Les familles ont eu accès à des logements dignes, des allocations familiales, il était temps. L’accès à l’éducation s’est ouvert pour tous dans un pays où affluent des étudiants en provenance de Colombie, du Chili, du Paraguay, ainsi que de … France, d’Italie.

Comment ne pas s’indigner des réactions de technocrates, de banquiers, qui n’ont pas la moindre idée de l’Argentine ? Pourquoi ces technocrates prendraient-ils la peine de comprendre les aspirations des Argentins ? Que penser d’un juge de los Etats-Unis d’Amérique dont la volonté affichée de satisfaire des fonds spéculatifs, des fonds usuriers, menace l’équilibre d’un pays entier, voire du Cône sud ? Quarante millions d’Argentins qui, ces dix dernières années ont étudié, voyagé dans les régions éloignées de leur propre pays, découvert leurs dizaines de parcs naturels ; commencé à découvrir les possibilités de nouvelles carrières, de nouvelles vies, d’un futur pour des enfants, d’un présent pour leurs aînés. Je m’indigne.

Claude MARY pour El Correo

* Claude MARY. Journaliste. Correspondante à Buenos Aires.

El Correo. Paris, le 30 août 2014.

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