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16 décembre 2002

Venezuela : Une révolution démocratique en danger.

 

Par Véronique Kiesel,
Le Soir, 11.12.02.

Vladimir Caller est un journaliste péruvien, mais aussi un observateur engagé des mouvements sociaux en Amérique latine.

Quelle est votre lecture politique de la crise vénézuélienne ?
Pour la comprendre, il faut la situer dans un contexte international où depuis quelque temps les Etats-Unis ont perdu l’initiative politique dans leur « domaine réservé », l’Amérique latine. Le naufrage de l’Argentine, l’élection de Lula au Brésil, de Lucio Gutierrez en Equateur et la résistance de Chavez au Venezuela, sont des signes d’insoumission d’un continent trop longtemps docile. Leur initiative économique est aussi affaiblie : ils n’arrivent pas à imposer l’ALCA, le gigantesque marché censé courir de l’Alaska à la Terre de Feu, un espace de rêve pour leurs investissements.

Le Venezuela est un pays si riche en pétrole, entre autres ressources, mais tenu par un président qui ne compte pas le privatiser : un cas d’irrévérence face à une puissance aussi dominatrice qu’affaiblie. D’autant plus que ce président se propose de faire bénéficier des richesses du pays une population majoritairement très pauvre et qui fut toujours exclue. Cela s’appelle une révolution et elle est démocratique puisque Chavez est arrivé au pouvoir par élections. Cela a aussi suscité une réponse antidémocratique, venant des grands possédants, seuls bénéficiaires, jusqu’à Chavez, des richesses du pays. Ils comptent pour cela sur un syndicalisme qui leur est acquis et qui bénéficie du financement américain On est donc, comme au Chili d’Allende, face à une contrerévolution.

Leur cheval de bataille est maintenant d’exiger, vite, un référendum. Chavez a répondu en l’acceptant pour le mois d’août 2003, mais les « contras » sont pressés ; pas question de laisser gouverner ce président pendant ces 5 mois décisifs, d’autant plus que la loi sur les hydrocarbures décrétant le pétrole source nationale inaliénable doit être approuvée. Cette exigence est donc une parfaite imposture.

Le président Chavez est-il un démocrate ?
Résolument oui, et ceci est un facteur supplémentaire d’énervement pour ses opposants qui n’ont pas la tâche facile pour démontrer le contraire. Il n’y a pas un seul prisonnier politique au Venezuela (même pas les putschistes d’avril) et les seules victimes à déplorer le furent lors d’émeutes.

Quelle issue voyez-vous à la crise actuelle ?
Il me semble essentiel que les forces putschistes puissent être démasquées au Venezuela et ailleurs ; qu’on puisse différencier une opposition légitime et démocratique d’une autre, putschiste et en connivence avec des intérêts étrangers. Parce que l’affaire est devenue largement internationale. Des publications comme « Newsweek » et le « New York Times » ont fait état des implications de Washington dans les agissements contre le président. On a, par contre, beaucoup moins parlé de la complicité du président Aznar qui, au nom de l’Union européenne, avait entériné le coup d’état d’avril. Un comportement qui peut s’expliquer par sa proximité politique avec les grands intérêts pétroliers espagnols, mais qui est tout à fait éloignée des valeurs démocratiques dont il se prévaut. Il est grand temps que les opinions démocratiques des Etats-Unis et de l’Europe se fassent entendre.·

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