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18 avril 2007

Une « révolution par les urnes » en Équateur.

 

Par Jooneed Khanc
La Presse
, le mercredi 18 avril 2007

Élu président l’an dernier sans l’appui des grands partis « élitistes », Rafaël Correa a gagné son pari d’effectuer une " révolution citoyenne par les urnes " en Équateur : les 9,2 millions d’électeurs ont appuyé à 81,7 %, par référendum dimanche, son projet d’élire une Assemblée constituante pour mettre les ressources du pays au service du développement.

« La victoire du peuple et de la démocratie », comme l’a dit Correa, donne à l’ex-ministre, économiste de 44 ans formé aux États-Unis, les moyens d’affronter « la mafia » du Congrès, le Parlement unicaméral dominé par les classes dirigeantes coloniales.

Les députés avaient voté pour remplacer le chef du Tribunal électoral suprême (TES), qui avait autorisé le référendum. La justice avait sévi en suspendant 57 élus. « La gauche est au seuil des pleins pouvoirs », a déploré Alfonso Harb, député suspendu. « Le président va utiliser la Constituante pour dissoudre le Congrès », a-t-il dit.

Prochaines étapes

Le calendrier ira très vite : le TES annoncera d’ici au 3 mai l’élection d’une Assemblée nationale constituante de 130 membres, les candidats auront 45 jours pour se déclarer, et l’assemblée sera inaugurée en octobre. Le projet de constitution sera soumis à un référendum en mars ou avril 2008.

Pour Correa, il s’agit de renverser « le modèle néolibéral qui a trop fait mal à l’Équateur en le forçant à réduire ou éliminer les programmes sociaux », et d’amplifier la démocratie participative en soumettant les élus au contrôle direct de leurs commettants.

L’Équateur est le 5e producteur de pétrole d’Amérique du Sud, mais plus de 50 % de ses 14 millions d’habitants, les autochtones surtout, vivotent sous le seuil de pauvreté.

Chavez et le FMI

Correa, Chavez et leurs homologues de six pays latino-américains (Bolivie, Pérou, Chili, Brésil, Argentine et Colombie) étaient réunis hier dans l’île de Margarita pour discuter d’un éventuel Accord énergétique sud-américain. Chavez y voit un maillon essentiel de son projet d’Union des nations sud-américaines (UNASUR).

La victoire de Correa a coïncidé avec le remboursement par l’Équateur et le Venezuela de leur dette au Fonds monétaire international (FMI). Correa a annoncé qu’il va quitter le FMI. Il a aussi accusé la Banque mondiale d’avoir fait du chantage en retirant un prêt de 100 millions après une réforme du secteur pétrolier quand il était ministre, et il a menacé d’expulser le représentant de la BM à Quito.

Les États-Unis n’avaient pas encore commenté ces développements hier soir.

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