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23 septembre 2004

Un conflit pour contamination avec Aguas Argentinas -filiale de Suez Environnement- a pris fin devant la Cour Suprême argentine.

 

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Aguas Argentinas a décidé avec la commune de Berazategui (banlieue de Buenos Aires) qu’elle construira une usine de retraitement pour des déchets. Critiques du Gouverneur de la province de Buenos Aires Felipe Solá. Les voisins ont fêté l’accord devant la Cour Suprême.

Par Página 12
Buenos Aires, 23 septembre 2004

L’entreprise Aguas Argentinas s’est engagée hier à terminer une unité de traitement de déchets des cloaques en 2008, dix années après qu’elle ait dû l’avoir fait. Pour convaincre l’entreprise française, la commune de Berazategui, a dû porter plainte, elle a entamé un procès qui a pris fin hier devant la Cour Suprême par une conciliation entre les parties. Durant ces dix années, on a versé les résidus dans le Rio de la Plata, ce qui a provoqué une pollution jusque sur les côtes de la commune. Les autorités municipales et les habitants ont critiqué ce retard de dix ans, mais la plus grande objection est venue du gouverneur Felipe Solà : il a rappelé que les frais aurait dû courir pour le compte de Aguas Argentinas et il a critiqué hier aussi la forme de financement décidée, qui pourrait inclure une augmentation des tarifs.

La Municipalité et Aguas Argentinas ont vu la fin hier devant la Cour d’un roman qui a commencé en 1993, quand alors secrétaire d’Environnement, la menemiste María Julia Alsogaray avait signé avec l’entreprise un contrat qui stipulait la construction de l’usine avant 1998, mais en 1997, les deux parties ont renégocié et la fonctionnaire avait rallongé le délai jusqu’à deux décennies plus tard : 2018. En 2000, la commune a entamé un procès à Aguas Argentinas. La Chambre Fédérale de La Plata (Capital de la Province de Buenos Aires) s’est exprimée en 2003 en faveur de la commune, mais la compagnie a présenté une mesure administrative qui est arrivée jusqu’à la Cour Suprême.

La conciliation signée devant cinq ministres de la Cour implique des investissements de l’ordre de 300 millions de pesos, qui seront financés au moyen de "fonds de fidéicommis" de la concession Aguas Argentinas et des augmentations tarifaires éventuelles dans le cadre de la renégociation du contrat de la privatisation du service hydrolique. Devant cette possibilité, Felipe Solà -qui a assisté au procès dans les Tribunaux comme auditeur, en pleine audience a demandé de pouvoir monter à l’estrade- il a signalé que "des travaux qui ont dû être réalisés il y a beaucoup de temps le seront avec des fonds d’un fidéicommis qui est prévu pour l’extension du réseau cloacal des habitants qui n’ont pas ce système de drainages. « Ce n’est pas possible d’accepter qu’on résout avec des fonds nouveaux un vieux compromis, cela reviendrait à tromper les habitants ".

"La Capitale et la banlieue ont le même égout : Berazategui ", expliquait une affiche brandie par les habitants à l’entrée du Tribunal. C’est que ce rivage reçoit les déchets de toute la région métropolitaine et, ne bénéficiant pas de traitement, la rivière de la zone a été transformée en un Riachuelo (Rivière de Buenos Aires éternellement et complètement pollué) précoce.

Les travaux qui doivent commencer avant juillet prochain, devraient être terminés en 2008 et comprennent aussi l’extension "du tube émissaire", nom technique de l’énorme conduit qui porte les résidus cloacaux vers le large, qui passera de deux kilomètres actuellement à huit. D’ici la fin 2004, seront effectuées des travaux de nettoyage des diffuseurs, avec des prévlèvements des échantillons d’eaux et de sédiments et la mise sous contrat de construction du projet. Au premier semestre 2005 commencera la construction de l’usine de "prétraitement" de Berazategui - qui sera menée en plusieurs étapes - et la prolongation du conduit "émissaire".

Le président du Forum du Défense du Rio de la Plata, Ernesto Salgado, a mis en question l’accord sur la base que l’entreprise "construira une usine seulement de prétraitement, ce qui implique qu’on ne traitera rien de plus que 30 pour cent des résidus et même pas les plus polluants". Selon les techniciens de l’ONG, on a besoin d’une usine qui permette que "tous" les résidus qui arrivent à l’eau du Rio de la Plata soient "non toxiques". Du coté de la commune on répond que l’usine qui sera construite est celle que stipule le contrat de 1993.

Le Maire de Berazategui, Juan Jose Mussi, a indiqué à son tour que "cette lutte a commencé quand la tache dans la rivière avait cinquante mètres carrés, elle atteint aujourd’hui mille cinq cents m² ; pour moi, en tant que membre de la municipalité et Maire, c’est une énorme satisfaction de résoudre ce drame qui affecte ma commune ".

Des études du Foro affirment qu’on déverse quotidiennement presque un million de mètres cube des eaux usées et industrielles sans aucun type de traitement préalable. Quelque 2000 habitants de la banlieue ont fêté hier devant la Cour Suprême le début d’une solution pour ce conflit.

Traduit pour El Correo : Estelle et Carlos Debiasi

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