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9 mai 2005

Sommet sans précédent entre pays arabes et sud-américains

par Françoise Kadri

 

Des délégations des 22 pays membres de la Ligue arabe et des 12 pays d’Amérique du sud sont arrivées dès dimanche dans une capitale brésilienne placée pour l’occasion sous haute surveillance, avec 9000 militaires et policiers déployés.

Une réunion entre ministres des Affaires étrangères est prévue dès lundi après-midi alors que le sommet se tiendra sur deux jours, mardi et mercredi.

Seulement cinq pays arabes seront représentés par leur chef d’État (Algérie, Irak, Qatar, Djibouti et l’Autorité palestinienne) et trois (Syrie, Liban, Mauritanie) par leur premier ministre face à neuf présidents sud-américains. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a reconnu dimanche qu’il « aurait souhaité une participation arabe plus importante ».

Selon des sources brésiliennes, les États-Unis, inquiets que le sommet ne se transforme en forum contre la politique américaine au Moyen-Orient et celle d’Israël, ont fait pression sur certains de leurs alliés (Égypte, Maroc et Jordanie notamment dont les dirigeants seront absents) afin de réduire l’impact de cette rencontre.

Toutefois, la participation à ce sommet constituera la première sortie internationale du tout nouveau président irakien, Jalal Talabani.

D’autre part, le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, aura un entretien dès lundi soir avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Les ministres des Affaires étrangères mettront la dernière touche lundi à la Déclaration de Brasilia, préparée par les hauts fonctionnaires. Ce texte qui viendra ponctuer les travaux réalisés durant le sommet, apporte son soutien à la cause palestinienne, s’inquiète des sanctions imposées à la Syrie et critique implicitement Israël pour sa politique nucléaire, selon une copie du document obtenue par l’AFP.

La Déclaration « reconnaît le droit des pays et peuples à résister à l’occupation étrangère », une formule qui ne manquera pas d’être interprétée comme une critique directe de l’intervention américaine en Irak.

Selon le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Ahmed Ben Helli, les pays arabes ont pris l’initiative de proposer un mécanisme de suivi et de coordination politique. « Nous ne voulons pas que le sommet soit le premier et le dernier mais il doit être le début d’un partenariat économique et politique entre deux blocs du Sud qui ont des intérêts en commun », a-t-il déclaré.

Les membres de la Ligue arabe comptent sur leurs nouveaux alliés d’Amérique du Sud pour soutenir la candidature égyptienne à un siège permanent au conseil de sécurité des Nations Unies. Le Brésil, pays hôte du sommet, espère pour sa part la réciproque le jour où il postulera au nom de la région à un siège permanent.

En contrepartie du soutien des Sud-Américains à leurs intérêts, les pays arabes sont disposés à accroître leurs échanges et leurs investissements dans la région.

Des réunions d’experts sont programmées dans le cadre du développement de la coopération pour les technologies, les transports et les investissements. Le manque de liaisons directes entre les deux régions est « un obstacle à la coopération », selon M. Ben Helli et l’inauguration d’une ligne aérienne entre Dubaï et Sao Paolo sera annoncée durant le sommet.

En marge du sommet, afin d’encourager des échanges bilatéraux encore limités (10 milliards de dollars par an), le Brésil a organisé une foire réunissant 600 industriels.

Des entrepreneurs arabes ont dit trouver en Amérique du sUd, notamment au Brésil, une bonne expertise technologique, des produits plus compétitifs qu’en Europe ou aux États-Unis et un climat des affaires moins crispé vis-à-vis d’une région mal perçue depuis les attentats du 11 septembre 2001.

AFP. Brasilia, le lundi 09 mai 2005

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