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12 octobre 2006

Rafael Correa, candidat à la présidentielle en Equateur, est prêt à en découdre avec les Etats-Unis.

 

Par Jean-Luc Porte
AFP
. Quito, le jeudi 12 octobre 2006.

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Rafael Correa

Chrétien de gauche, élevé chez les salésiens, l’ex-ministre de l’Économie Rafael Correa, favori de la présidentielle de dimanche en Equateur, s’affiche en adversaire de la politique américaine et du néo-libéralisme à l’image de son ami, le chef d’Etat vénézuélien Hugo Chavez.

Âgé de 43 ans, ce professeur d’économie, formé en Belgique puis aux Etats-Unis, n’a pas l’habitude de mâcher ses mots, prenant volontiers pour cible le président américain George W. Bush, « un président extrêmement stupide qui a fait beaucoup de mal à son pays et au monde ».

« Traiter Bush de diable, dit-il, c’est insulter le diable car ce dernier est peut-être malfaisant mais au moins il est intelligent », affirme-t-il encore.

« Je suis humaniste, chrétien, de gauche. Humaniste, parce que pour moi, la politique et l’économie sont au service de l’homme. Chrétien, parce que je me nourris de la doctrine sociale de l’église. De gauche, parce que je crois en l’équité, la justice et la suprématie du travail sur le capital », a-t-il déclaré lors d’un entretien à l’AFP.

Appelant à « dépasser les mensonges du néo-libéralisme », Rafael Correa, même s’il se défend d’être marxiste, exhorte les Equatoriens à « découvrir ce qui s’appelle en Amérique latine le socialisme du XXIe siècle », une formule empruntée à Hugo Chavez qu’il revendique comme un « ami personnel ».

Membre du gouvernement en 2005, il a d’ailleurs perdu son poste ministériel en raison de ses liens avec le président du Venezuela dont il partage la dénonciation de l’impérialisme américain.

Dans son programme, Rafael Correa expose notamment son intention de fermer la base militaire des Etats-Unis de Manta en Equateur et de rompre avec le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) qui contribuent au « sous-développement » du pays selon lui.

Ses détracteurs qualifient ce bel homme élégant et très bien élevé, de « hyène souriante » et de « démagogue populiste ».

« Il est plus chaviste que Chavez en personne et il défendra ses idées avec encore plus de passion et de conviction », estime Javier Medina, un enseignant opposant.

Né dans un milieu humble dans le port de Guayaquil, Rafael Correa a pu faire ses études grâce à l’attribution de bourses scolaires, indique sa mère Norma Delgado.

Après un passage à l’université de Louvain (Belgique), il a travaillé comme volontaire à Zumbahua, un village indien du sud de l’Equateur et y a appris la langue quechua.

« Là-bas j’ai compris que le problème des Indiens, c’est la pauvreté et que pour un Indien, il y a plus de 90% de chances de toujours rester pauvre », assène ce père de 3 enfants, marié avec une Belge.

Manuel Gualotuna, un chef traditionnel de Zumbahua, se souvient de Rafael Correa affublé d’un grand poncho, marchant pendant des heures en dépit de ses chaussures usées pour aller enseigner aux communautés indiennes.

Infatigable, cet admirateur de Che Guevara dénonce les mafias politiques qu’ils accusent de gouverner son pays. Du haut de l’estrade, il fustige ses adversaires en faisant tournoyer son ceinturon sur le thème : "donnons leur une correction".

« Sancho, si les chiens aboient, c’est parce que nous avançons », s’écrit l’orateur devant la foule, citant le "Don Quichotte de la Mancha" de Cervantes.

« Grâce à vous, proclame-t-il devant ses partisans, je suis déjà président d’Equateur mais il faut que je sois désigné président dès le premier tour » des élections. Pour cela, il devra totaliser dimanche 40% du vote des électeurs équatoriens.

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