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14 mai 2002

"Que les Etats-Unis et l’Europe ouvrent leurs frontières"
Joseph Stiglitz et l’Argentine

 

Le Fmi est-il le seul coupable ?
- En partie. Le FMI a toujours été très habile pour se dérober et de faire porter la faute de ses propres erreurs aux autres. Parfois, on critique le pouvoir des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, mais on oublie qu’au FMI un seul membre, les Etat- Unis, détient le pouvoir de veto. Le FMI a encouragé les pays en voie de développement à appliquer des politiques qui ont échoué dans des pays développés, par exemple, privatiser les retraites ou interdire de protéger certains secteurs, comme l’agriculture, ce pourtant que les Etats-Unis ou l’Europe considèrent comme normal. Le FMI, n’a pas non plus tenu compte des inégalités qu’il générait dans la répartition des richesses, ni de l’instabilité sociale qu’entraînaient ses politiques.

(……..)

Appuyez-vous le mouvement anti-globalisation ? Pensez-vous que les manifestations peuvent elle avoir quelque impact ?
- Le FMI et la Banque Mondiale sont des institutions politiques et elles ne peuvent ignorer complètement la pression extérieure. Son vocabulaire a déjà changé. Par exemple, maintenant, ils n’appuient plus les renflouements financiers. C’est une des raisons pour lesquelles que le FMI est entrain d’ abandonner l’Argentine.

Le FMI est-il responsable de la crise argentine ?
- Si l’Argentine avait suivi au pied de la lettre les instructions du FMI elle serait maintenant dans une situation beaucoup plus dramatique. La grande erreur fut d’appliquer un régime de change fixe, ce qui était justifié à un moment pour combattre l’hyperinflation, mais à terme c’était une solution vouée à la catastrophe. Les systèmes à parité fixe n’ont jamais fonctionné, c’est une des raisons pour laquelle la Turquie est mieux retombée sur ses pieds puisqu’elle a pu jouer sur les taux de change et améliorer ses exportations.

Désormais que peut faire l’Argentine ?
- Le capital financier a fui le pays, donc le reste suit, la question est de trouver les moyens de relancer la production. Ce n’est pas une tâche facile. Il faudrait essayer d’augmenter la demande favorisant les exportations. L’Argentine pourrait, comme le permet les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce, imposer de façon temporaire des barrières commerciales, alors que les Etats-Unis et l’Europe pourraient à leur tour ouvrir leurs frontières aux produits argentins.
(….)

Traduit et extrait de l’interview publiée dans El País du 20 mai 2002. Réalisée par Isabel Piquer

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