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20 juillet 2012

Nouvelles réalités de la jeunesse en Amérique Latine

par Alberto Croce

 

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Nous voudrions, dans cet article, rendre compte des nouvelles réalités de la jeunesse en Amérique Latine, quant à sa participation politique et sociale. Nous le faisons, notamment, depuis notre expérience et notre contact avec de nombreuses manifestations de jeunes dans différents pays de la région.

Nous savons que le sujet peut être abordé avec des regards et des perspectives différentes. De fait, de nombreux spécialistes des questions de jeunesse en Amérique Latine le font. Peut-être, la nôtre a la particularité de la proximité avec plusieurs de ces multiplicités.

Il est important de remarquer qu’un regard sur les jeunes pourrait aussi bien être porté par un jeune. Ce n’est pas notre cas et nous essaierons de dissimuler un peu cette limite en apportant à notre article les éléments qu’un certain parcours nous donne sur des sujets liés à la jeunesse sur les quarante dernières années.

Ces premiers éléments dits, ayons le courage de réaliser ce petit « voyage » à travers les jeunesses d’Amérique Latine et leurs nouveaux engagements transformateurs.

Des jeunes mobilisés en Amérique Latine

La région vit, depuis quelques années, des changements réellement significatifs. Peut-être, le plus remarquable, est-il cette perception que nous avons à propos des dits changements se produisant de manière régionale et, à coté s’accompagnant en synergie. Pour seulement pouvoir analyser le phénomène, nous fixerons une date tout à fait capricieuse : la tenue du premier Forum Social Mondial, de Porto Alegre, au Brésil, en janvier 2001. Cette date marque le commencement du nouveau siècle mais, pour nous, aussi un nouveau « kairos » [1] régional : un moment dans lequel les agendas multiples et les causes des mouvements sociaux de la région commencent à confluer, à se mélanger, à se promouvoir mutuellement, à se rétro-alimenter...

A cette époque plusieurs pays commencent à pouvoir établir des gouvernements de caractère populaire : 1999 au Venezuela avec Chávez, 2002 au Brésil avec Lula, 2003 en Argentine avec Kirchner, 2005 en Uruguay avec Tabaré Vázquez, 2005, en Bolivie avec Evo Morales, 2006 en Équateur avec Rafael Correa... notamment.

Dans ce contexte de changements sociaux, les mouvements et les organisations sociales et politiques jouent un rôle important et, souvent, déterminant. Au sein de ceux-ci, les « jeunesses » agissent, se déplacent, participent. Parfois en faisant la promotion de grandes causes nationales, d’autres fois autour des causes plus ponctuelles mais non moins importantes pour la vie des jeunes eux-mêmes ou des sociétés dont ils font partie.

Dans notre parcours à travers l’Amérique Latine nous pouvons constater qu’il s’agit d’un phénomène encourageant, bien que souvent invisible dans le quotidien des grands médias qui, à plusieurs reprises, par ici et par là, s’obstinent à montrer les jeunes comme dangereux, délinquants, feignants et non engagés. Bien entendu que cette catégorie de jeunes existe, mais il est totalement injuste et menteur, de prétendre que la « jeunesse » ou les « jeunesses » répondent à ces préconcepts.

Dire que nous trouvons des jeunes mobilisés ne signifie pas que ce type de mobilisation se comprend toujours convenablement ou qu’elle est partagée. Quelque chose qui a l’habitude de rendre assez nerveux ou gênés ceux qui observent les jeunes « engagés » ces temps-ci, c’est le type d’engagement qu’ils prennent. Il s’agit d’un problème de formes qui n’est pas mineur. Plusieurs de ces « actions » de la jeunesse sont extrêmement ponctuelles et peuvent les amener jusqu’à risquer leurs propres vies à un moment et à laisser de côté le sujet quelques heures après. Ou à des situations qui sont, à certains égards, très contradictoires. Des jeunes qui aujourd’hui occupent une université en résistant à de grandes pressions, et, cependant, dans d’autres environnements de leurs vies, semblent fascinés par la consommation ou par un confort qu’on leur penserait étrangers.

La participation politique des jeunes a connu des changements profonds au cours de la dernière décennie, accompagnant les changements dont nous essayons de rendre compte. Quand a débuté notre XXIème Siècle, une grande désillusion à propos de la participation dans les partis ou syndicale existait. Entre la méfiance et le désenchantement, des milliers de jeunes ont choisi d’autres formes de participation, plus ponctuelle, spécifique et locales. Dans ces dernières années des « années 90 » et les premières de 2000, quand on sentait encore avec toute sa rigueur la pensée néolibérale, beaucoup de jeunes résistaient depuis des espaces très spécifiques et localisés. En partageant surtout des mouvements sociaux, plus grands ou plus petits, ils exprimaient leurs désirs de changement dans des espaces de revendication sur les terres, sur la question de genre, la création culturelle, la protection de la nature. Avec une perspective plus politique, le rejet de l’ALCA a aussi crée une grande articulation des luttes dans tout le continent et depuis les différents pans de la jeunesse.

Au fur et à mesure que les processus de changements politiques se sont produits dans la région, a surgi une plus grande confiance sur les partis pour générer des changements sociaux, juridiques, économiques. Pratiquement, dans tous les dossiers nationaux dont nous avons fait mention plus haut, des milliers de jeunes sont sortis dans les rues pour appuyer les dits processus et leurs nouveaux leaders. Dans quelques cas, comme ce fut le cas de la Bolivie, depuis les mouvements sociaux qui ont porté Evo Morales à la présidence de la République et, dans d’autres, comme c’est le cas de l’Argentine, à partir de nouveaux espaces partisans, au sein des partis traditionnels qui soutenaient d’abord Néstor Kirchner et maintenant Cristina Fernández dans son exercice du pouvoir institutionnel et du leadership social.

Peut-être, cette nouvelle participation des jeunes dans les mouvements politiques est l’une des principales « nouveautés » dans la région. Cependant, nous ne pouvons pas omettre une tension importante entre ce que cette participation représente et certains stéréotypes qui existent sur elle. Il ne s’agit pas de répéter le même type de participation qui a existé à d’autres moments de l’histoire.

Depuis ces jeunes qui, à la fin de années 90, cherchaient à sauvegarder des espaces de résistance et cherchaient à générer des espaces sur le terrain, là où des valeurs alternatives au système étaient vécues, jusqu’à ces jeunes qui cherchent à construire un pouvoir, à occuper des espaces et à transformer la réalité à partir de politiques publiques universelles..., il y a un long chemin parcouru et des différences importantes. Ces résistances avaient beaucoup d’idéalisme utopique et une certaine esthétique de l’austérité. Ces expériences actuelles ont beaucoup plus de réalisme politique, comme la lutte pour le pouvoir réel et la gestion de ressources importantes, avec tous les risques et potentialités que cela implique.

Ce n’est pas qu’aujourd’hui ils ont fait disparaître les organisations de la jeunesse qui font la promotion des expériences au niveau micro. Ce qui arrive est que, dans leur majorité, ces organisations se proposent d’articuler et de participer à de plus vastes processus, en cherchant à toucher des réalités plus générales.

Une autre question qu’il devient indispensable d’aborder est l’intégration des nouvelles technologies dans ces mécanismes de participation. Bien qu’il est certain que, comparativement aux pays du Nord, l’accès à celles-ci est plus réduit dans notre région, il est également certain que chaque jour de plus en plus de zones sont intégrées à la connectivité globale et des milliers de jeunes rejoignent une participation plus active le réseau. L’usage de téléphones cellulaires est pratiquement universel au sein des jeunes urbains et très étendu au sein des jeunes ruraux.

Au sein des jeunes organisés, l’utilisation de ces outils est très importante. Il fut un temps pas très lointain, les espaces pour partager des regards politiques, des opinions, des sentiments... étaient les espaces de réunion. Quand c’ était possible, quelque revue communautaire ou de quartier. Ou une affiche mise à la porte du centre communautaire, de l’assemblée communale ou coopérative. Aujourd’hui, Facebook, Twitter, les courriers électroniques... sont les espaces quotidiens et immédiats où se partagent ce qu’ils pensent, où on convoque à une réunion ou une manifestation, où s’exprime l’approbation ou le rejet. Ce mécanisme si voisin et incontrôlable a promu les mouvements de jeunesse de manière inimaginable des années auparavant.

L’un des aspects qui nous semblent particulièrement le plus intéressants est la possibilité que ces ressources ont de traverser les frontières qui dans d’autres époques produisaient des « ghettos ». En général, bien qu’ils sont possibles et qu’ existent des groupes plus « fermés » dans le réseau, dans de nombreux cas, traversés par la logique des réseaux sociaux, d’autres sujets et sensibilités étrangères à celles des groupes cités auparavant peuvent se trouver à l’intérieur d’eux mêmes, en ouvrant l’agenda de sujets et en produisant une plus grande articulation.

Parfois les adultes voient avec une valorisation disproportionnée cette utilisation des technologies de l’information et de la communication de la part des jeunes, déposant dans celles-ci certaines attentes qui semblent un peu magiques. La tension entre la virtualité et la réalité matérielle est sans doute présente et ne disparaît pas. Cependant, de plus en plus de, ses limites se confondent et s’impactent mutuellement. Et voilà que nous sommes seulement aux commencements de cette étape de notre histoire.

Les jeunes vivent hyper-stimulés par des images, des sons, des mouvements, des lumières, des vibrations... très intenses, fugaces, impactantes. Dans ce contexte, il leur est difficile de maintenir leur l’attention beaucoup de temps, surtout quand il s’agit des situations dans lesquelles se combinent un effort avec constance. L’éducation formelle est l’un des espaces qui souffre plus de l’impact de ces changements culturels profonds. Les « réunions », situation privilégiée pour toute organisation des années 80, apparaissent aujourd’hui assez dévaluées au sein des mouvements de jeunesse de toute sorte. Aujourd’hui elles se font via Facebook ou via un chat. On continue à faire des réunions formelles, mais elles n’ont ni le poids, ni la valeur et ni la place qu’elles ont eu dans un autre temps. Il y a d’ « autres » formes complémentaires ou des manières de faire qui remplacent l’espace privilégié qu’elles occupaient. L’ « activisme social », la « participation sociale », ce sont des nouvelles modalités que les jeunes développent et qui ont d’autres expressions formatives et organisatrices.

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Nouvelles formes, Nouveaux mouvements, Nouvelles luttes

Où sont ces jeunes aujourd’hui en Amérique Latine ? Quels mouvements aujourd’hui expriment ou contiennent cette jeunesse ? En premier lieu, nous devons reconnaître que, la jeunesse étant une étape si spécifique de la vie, les mouvements de jeunesse n’ont pas de grande permanence dans le temps. Quand un groupe de jeunes crée un mouvement, il est possible qu’il y ait une nouvelle portée qui le suive... mais très possiblement la troisième lignée crée déjà un autre mouvement de sa propre initiative. Dérivé probablement des changements qui se produisent, en générations de jeunes, dans la réalité qui a donné lieu à la première initiative mais aussi dans la nécessité du rôle principal et des identités que requièrent ces luttes de la jeunesse.

Pour aborder ces questions nous devions faire un parcours géographique ou un parcours thématique. Les deux sont nécessaires et précieux.

Si nous commençons par le premier, nous trouvons des mouvements de jeunesse importants parmi les étudiants d’Amérique Centrale qui réclament le droit à l’éducation universitaire. Au Guatemala et au Nicaragua, des mouvements de jeunesse importants revendiquent les droits des peuples originaires. Au Honduras, ils se regroupent autour de la résistance au coup d’Etat institutionnel qui a eu lieu là-bas. Au Mexique, le nouveau mouvement jeune/estudiantin « #Yosoy132 » est une expression très claire d’une grande partie de ce que nous avons dit dans ce rapport.

Au Venezuela, des milliers de jeunes participent aux brigades jeunesse et aux différentes missions qui sont proposées par le gouvernement de la révolution bolivarienne. Et il y a aussi des mouvements, surtout étudiants, qui sont mobilisés comme opposition à ce projet. En Colombie, le mouvement étudiant, les mouvements paysans et les mouvements autour des question de genre ont été importants. En Bolivie, il y a plusieurs formes de mouvements et d’organisations de jeunes. Très particulièrement tous ceux qui partagent les courants de décolonisation et d’émancipation culturelle.

Au Chili, les « Pingouins » - jeunes lycéens et étudiants - se sont transformés en acteur incontournable de la réalité chilienne. Au Brésil, qui a une grande expérience dans l’organisation de la jeunesse, la participation politique et sociale est clairement nourrie par des millions de jeunes. En Argentine, il faut remarquer « une alluvion juvénile dans la politique » générée par une nouvelle mystique qui s’est produite, surtout à partir du décès de l’ancien président Néstor Kirchner et qui a des expressions notables, dans le groupement « La Cámpora » et le « Movimiento Evita », notamment.

En Uruguay, dans la lutte estudiantine pour l’amélioration des conditions du système éducatif, ou contre les méga-opérations de répression de la police dans des quartiers stigmatisés et, ces derniers temps, pour la légalisation de la consommation de la marijuana, et au Paraguay, dans la nouvelle résistance qui s’est organisée après le coup d’État contre le président Fernando Lugo... nous trouvons aujourd’hui de nombreux jeunes participant et agissant.

Le parcours géographique, nous a fait faire une incursion dans les questions thématiques, inévitablement. Mais il y a plus à dire dans ce domaine. Aux questions déjà signalées (peuples originaires, paysans, étudiants, questions de genre, politique des partis...) nous en avons à ajouter d’autres.

De nombreux jeunes partagent les mouvements de revendication des peuples afro-descendants du continent. Tant d’expressions plus traditionnelles ou plus nouvelles quant aux sensibilités religieuses, dans des traditions plus anciennes (catholiques ou protestant) ou de mouvements religieux ou spirituels plus nouveaux. Nombreux participent à des thèmes relatifs au droit à la communication populaire ou aux expressions culturelles de différents types. La question environnementale, qui n’a pas toujours eue une corrélation politique très claire, apparaît aujourd’hui comme au centre de nombreuses revendications portées par des groupes majoritairement jeunes. La lutte ouverte contre la Mega-industrie minière a remplacé aujourd’hui la place tenue à un autre moment par la lutte « contre l’ALCA » et le territoire de toute la Grande Patrie est semé de conflits socio-environnementaux dans lesquels les jeunes occupent des places clé dans les luttes et sont les nouveaux martyrs latino-américains. La défense et le soin de la « Pachamama », « la Terre Mère », est devenu une question charnière des différents mouvements sociaux et populaires et, donc, de la participation et de la mobilisation des jeunes. Alors qu’hier on luttait contre le néolibéralisme qui cherchait à être hégémonique sur le continent, aujourd’hui on lutte contre les entreprises qui, au travers d’un extractivisme déchaîné, détruisent l’environnement, rasent et compromettent la vie de nombreuses communautés. [2]

La participation des jeunes est aussi remarquable d’une manière croissante dans les mouvements de revendication des différentes diversités, parmi lesquelles émergent les luttes menées par la communauté LGTB [Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres].

Autre espace, peut-être moins visible dans les rues, mais pas moins actif, est celui du cyber activisme. Bien qu’il accompagne différentes sortes de luttes, il faut aussi distinguer celle menée en faveur du software libre, contre le contrôle d’Internet et de la démocratisation de l’information et de la communication.

Nous voudrions terminer ce parcours extrêmement rapide mais dans lequel nous avons essayé de donner un regard le plus vaste possible sur le phénomène de la participation des jeunes de notre époque, en soulignant encore deux éléments que nous considérons comme transversaux à nos propos précédents.

À la différence de ce que nous observions à une autre époque, les jeunes militants des premières décennies du XXI ème Siècle ne tentent pas de construire des « mouvements de jeunesse » ou des « organisations de jeunesse ». Leur perspective est intergénérationnelle. Sauf situations très particulières, comme c’est le cas des mouvements étudiants, en général, sont plus nombreux ceux qui réclament la présence d’adultes dans les organisations que ceux que la repoussent. S’ils ont à choisir, ils préfèrent s’insérer dans de bonnes organisations où il y a des adultes pour générer des espaces de « jeunes ». Nous avons vérifié cela dans une multitude de situations et il nous semble important de le souligner, de quelque façon, comme une nouveauté à laquelle on doit prêter attention.

La dernière question que nous voudrions signaler est que, aidée par les innovations technologiques, la participation actuelle des jeunes a une forte capacité à s’articuler aux niveaux nationaux, régionaux et mondiaux. Ce qui représente un immense saut. Et les jeunes qui sont engagés dans une cause locale, connaissent d’assez près ce qui se passe ailleurs et sont souvent en relation directe avec d’autres jeunes qui luttent pour des causes similaires dans d’autres points d’Amérique Latine et de la planète. Quand on visite les profils de Facebook de jeunes qui sont engagés socialement ou politiquement, on trouve des contacts et des amis de toutes les parties du monde avec qui ils partagent des rêves et des engagements. Nous imaginons que cette nouvelle réalité communicative a un potentiel immense qui aura des conséquences qui nous surprendront dans peu de temps.

La participation des jeunes a aujourd’hui cette perspective de croissance, intégration et d’articulation. Dans de nombreuses expériences elle s’appuie, de plus, sur la réalisation de rencontres internationales, d’échanges personnels par des voyages et des visites, de publications copartagées. Cette dimension ajoute des éléments importants aux causes qui s’embrassent et pour lesquelles on lutte.

La jeunesse d’Amérique Latine, qui participe, se mobilise, s’engage, est pleine de vie. Et, là où est possible son développement, sa manifestation est présente de manière palpable et transformatrice. L’avenir est ouvert. Le présent nous offre beaucoup de signes intéressants et encourageants.

* Alberto Croce est directeur de la Fondation SES d’Argentine. Cet article a été élaboré avec la collaboration de nombreux des jeunes de la région.

Alai-Amlatina. Équateur, le 18 juillet 2012.

Traduit de l’espagnol pour El Correo par  : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo . Paris le 20 juillet 2012.

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Notes

[1Le Kairos est un concept Grec sur le temps dont le discernement est primordial. Dans la pensée maya existai un concept similaire le Zubuya

[2N.d. À Tandis que j’écris cet article, à Cajamarca, au Pérou, une CONGA confirme la mort d’un jeune de 28 ans et d’un adolescent de 17 dans la résistance au projet de la mine.

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