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25 novembre 2002

Lucio Gutierrez est le nouveau président

 

Trois ans après avoir participé au putsch contre Jamil Mahuad, le colonel de gauche Lucio Gutierrez est devenu le nouveau président de l’Equateur dimanche après sa victoire sur le magnat de la banane, Alvaro Noboa, un populiste de droite, dans le premier scrutin depuis le coup d’État.

Le triomphe de « Lucio », ainsi surnommé dans le pays andin, a été reconnu par le chef de l’État actuel, Gustavo Noboa, sans lien de parenté avec le candidat, alors que Lucio Gutierrez obtenait 54,35% des voix contre 45,65% à son adversaire, après le dépouillement de 97,49% des suffrages exprimés.

Connu pour son caractère difficile, quand il ne s’en prend pas aux journalistes pour leurs questions désagréables, Alvaro Noboa, 52 ans, s’est contenté de reconnaître implicitement sa défaite quand les rues de Quito résonnaient déjà des vivats et coups d’avertisseurs des fidèles de son vainqueur.

« Alvaro Noboa a admis ne pas avoir gagné, et remercié ses électeurs », a indiqué à m’AFP son porte-parole, Ivan Carminiani.

Les résultats complets ne devraient pas être connus avant une semaine, en raison du report au 1er décembre du scrutin dans la ville de Riombamba, pour ses 96.482 électeurs, après la destruction du matériel de vote lors de l’explosion mercredi d’un dépôt de munitions, qui a fait 7 morts et 535 blessés dans cette ville, située à 160 km au sud de Quito.

Il s’agissait du premier scrutin depuis le putsch du 20 janvier 2000, et ce résultat a consacré le second revers consécutif du milliardaire après son échec aux élections de 1998 contre Jamil Mahuad.

Le scrutin était obligatoire pour les 8,1 millions d’inscrits de plus de 18 ans, dans la plus petite des républiques andines, connue pour ses 99 volcans.

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Pour la première fois dans son histoire récente, tous les partis traditionnels avaient été balayés au premier tour après le triomphe des deux candidats en marge des élites, dans un climat de lassitude générale face à une corruption estimée à deux milliards de dollars par an.

« Lucio » était le candidat des « descamisados » (les sans-chemise, ou démunis), dans ce pays, dont 80% des 12,1 millions d’habitants vivent dans la pauvreté, et des Indiens, qui représentent 40% de la population.

Mais dans un esprit d’ouverture, il a appelé « à l’unité et à un gouvernement de concertation nationale » dès sa victoire, face à « l’immense défi » que sera son prochain mandat.

Depuis le putsch du 20 janvier 2000 contre le démocrate chrétien Jamil Mahuad, ce colonel, aujourd’hui âgé de 45 ans, a répandu ses idées après avoir été l’un des séditieux les plus actifs face à un régime qualifié de « véreux ».

Marié à Ximena, médecin de la sécurité sociale, il veut payer la « dette sociale » en faveur du peuple, dans les secteurs de l’éducation et de la santé, mais sans proposer une révolution de type bolivarienne à la Hugo Chavez, malgré les comparaisons de ses ennemis entre lui et le président du Venezuela .

À la tête d’un empire de 122 entreprises, et premier exportateur de banane — dont l’Équateur est le premier producteur mondial avec 5,2 millions de tonnes métriques — avec 38% du marché local, Alvaro Noboa n’a pas réussi son pari faute de crédibilité.

Ses remèdes tenaient de la potion miracle, puisqu’il s’était engagé à supprimer les impôts directs et à offrir une maison à chacun pour 48 dollars de traite par mois sur 15 ans.

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