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16 janvier 2003

Lucio Gutierrez devient président de l’Équateur

 

Trois ans après avoir initié un putsch contre Jamil Mahuad, le colonel de gauche Lucio Gutierrez est devenu officiellement mercredi président de l’Equateur après avoir été élu démocratiquement le 24 novembre.

Agence France-Presse
Quito

Âgé de 45 ans, « Lucio », son surnom en Équateur, a prêté serment à 11h51 locale pour un mandat de quatre ans, sous les acclamations des députés et du public, en compagnie du vice-président Alfredo Palacio, un cardiologue de 63 ans. Il succède à Gustavo Noboa (indépendant).

La cérémonie d’investiture a eu lieu au Parlement de Quito en présence de sept présidents latino-américains, Luiz Inacio Lula da Silva (Brésil), Alejandro Toledo (Pérou), Hugo Chavez (Venezuela), Ricardo Lagos (Chili), Gonzalo Sanchez de Lozada (Bolivie), Alvaro Uribe (Colombie) et Fidel Castro (Cuba), ainsi que de l’héritier de la couronne d’Espagne, le prince Felipe.

Défenseur des pauvres dans ce pays andin aux 99 volcans, le nouveau chef de l’État a aussitôt annoncé, dans son discours d’investiture, un « changement à 180 degrés », confirmé sa volonté de combattre une « oligarchie corrompue », et invité les pays développés à « investir dans son pays » pour y créer des emplois.

Avec 54,5% des suffrages exprimés, Lucio Guiterrez l’avait emporté contre le populiste de droite Alvaro Noboa, un milliardaire magnat de la banane (45,5%), lors du second tour de l’élection présidentielle le 24 novembre.

Le triomphe de cet élégant métis au nez aquilin, à la fougueuse éloquence, avait consacré la faillite des partis traditionnels face un homme de gauche décidé à combattre la corruption, évaluée à deux milliards de dollars par an.

Son épouse Ximena, médecin et élue députée de gauche en novembre, compte mener de pair son rôle de première dame et son mandat de congressiste pour appuyer les projets sociaux de son mari.

L’Équateur reste plongé dans une grave crise économique, malgré le remplacement par le dollar en 2000 de la monnaie nationale, le sucre, avec une dette extérieure publique de 11,3 milliards de dollars, soit plus de la moitié du produit intérieur brut (PIB), et un indice de pauvreté de 80%.

Jusqu’ici méprisés dans ce pays riche en pétrole, bananes, fleurs et crustacés, les Indiens vont avoir un rôle politique de premier plan sous le mandat du nouveau président.

Pour la première fois en Équateur, mais aussi en Amérique Latine, une Indienne d’origine quetchua, Nina Pacari, 41 ans, va assumer les fonctions stratégiques de ministre des Affaires étrangères. Un autre Indien, Luis Macas, 52 ans, sera ministre de l’Agriculture.

Présents depuis 12.000 ans dans le pays, les natifs représentent près de 40% des 12,1 millions d’habitants de l’Équateur. Ils font partie des classes les plus démunies et ont assuré le succès à l’élection présidentielle de « Lucio ».

Le nouveau président avait été l’un des acteurs du putsch du 21 janvier 2000 contre le démocrate-chrétien Jamil Mahuad, accusé de corruption.

Le colonel Gutierrez et les Indiens avaient alors été privés de leur succès au profit du vice-président Gustavo Noboa, devenu chef de l’État sur décision du chef de l’État-major de l’armée de l’époque, le général Carlos Mendoza.

« Lucio » avait été le seul à purger de la prison (quatre mois) après le coup d’État, mais cette peine considérée par eux comme injuste en a fait un héros pour ses fidèles.

L’ancien putschiste aura à manoeuvrer entre son engagement, répété, de « respecter tous les accords internationaux » du pays, et son intention de « ne pas commettre l’erreur de la droite de gouverner pour les banquiers ».

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