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11 septembre 2011

Libye, entre rivalités tribales et intervention occidentale

Les conditions de l’unité nationale

par Patrick Haimzadeh

 

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Si la fin du régime de M. Mouammar Kadhafi conforte l’élan des révoltes dans le monde arabe, en particulier en Syrie, beaucoup reste à faire pour construire la paix. Le Conseil national de transition, qui promet des élections, va devoir démonter un à un les piliers du régime et apprendre à travailler avec les tribus — notamment celles de l’Ouest, qui ont joué un rôle décisif dans la bataille.

Après les révoltes tunisienne et égyptienne, qui avaient provoqué en quelques semaines le départ de deux autocrates, de nombreux observateurs ont voulu croire qu’il en serait rapidement de même avec l’insurrection libyenne du 17 février 2011. Devant les images des rebelles de Cyrénaïque s’élançant début mars sur leurs pick-up dans le désert, en direction de l’ouest, on ne pouvait qu’être ému, en effet, par l’enthousiasme et le courage de ces jeunes combattants qui affirmaient pouvoir « libérer » Tripoli en deux jours.

Et pourtant, après plus de six mois de guerre civile et huit mille missions de bombardement de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), les fronts de Brega et Misrata n’avaient que peu évolué. Les actions décisives au plan militaire qui ont conduit en quelques jours à la chute de Tripoli n’ont pas été conduites par ces populations de l’Est, mais principalement par celles de quelques villes de l’Ouest emmenées par une grande tribu arabe des montagnes de l’Ouest (djebel Nefoussa) : les Zintan.

Pour comprendre cette guerre civile et les immenses défis de l’ère post-Kadhafi, il faut revenir sur les principales spécificités du régime en place depuis quarante-deux ans. Le système de pouvoir jamahirien — de Jamahiriya, « Etat des masses » — reposait sur trois sources de légitimité : révolutionnaire, militaire et tribale. Ces trois leviers, qui ont permis d’assurer sa longévité, ont continué à fonctionner, quoique sur un mode dégradé, au cours des six derniers mois.

Trois sources de légitimité

Premier de ces leviers  : les comités révolutionnaires, qui pourraient s’apparenter aux partis Baas de l’Irak de Saddam Hussein et de la Syrie des Al-Assad. Présents au sein de toutes les structures d’Etat et des grandes entreprises, ils devaient être les garants de la doctrine jamahirienne et de la mobilisation des masses, sur le modèle des gardes rouges chinois ou des gardiens de la révolution iranienne. Au nombre de trente mille, leurs membres, cooptés, bénéficiaient de promotions et de (...)

==> La version intégrale de cet article est disponible dans Le Monde diplomatique de septembre 2011 actuellement en kiosques.

Le Monde Diplomatique. Paris, septembre 2011.

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