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26 novembre 2002

Les Etats-Unis envisagent l’aide au développement sous condition.

 

Par Adam Entous

Les Etats-Unis envisagent de créer un nouvel organisme gouvernemental d’aide aux pays les plus démunis de la planète, l’Agence du défi du Millénaire (MCA), qui aura pour originalité d’introduire une sorte de concurrence entre les bénéficiaires.

Pour recevoir ces fonds, les pays devront répondre à des critères stricts allant du respect des droits de l’Homme à la lutte contre la corruption en passant par l’ouverture de leurs marchés et l’adoption de politiques ayant reçu l’aval de Washington.

Répondant aux critiques selon lesquelles les Etats-Unis ne respectent pas leurs obligations en matière d’aide au développement, le président George W. Bush a promis d’injecter chaque année cinq milliards de dollars dans ce nouveau programme à compter de l’exercice 2006. Une première enveloppe est déjà prévue dans le budget 2004, qui sera dévoilé en février prochain.

L’argent viendra s’ajouter aux quelque 10 milliards de dollars déjà consacrés chaque année par les Etats-Unis à l’aide au développement.

"L’expérience montre que lorsque l’assistance au développement est liée à un mauvais environnement politique, elle est non seulement inefficace, mais aussi carrément nocive. Elle encourage les mauvaises politiques, la misère et fait fuir les capitaux privés", a déclaré un responsable de l’administration américaine.

A l’inverse, a-t-il estimé, lorsque l’aide va à des pays ayant une politique saine, les capitaux privés affluent, favorisant la croissance économique et la lutte contre la pauvreté.

S’exprimant à l’occasion d’une conférence de l’Onu sur le développement en mars dernier, Bush avait présenté ce programme comme faisant partie intégrante de la lutte contre le terrorisme.

Dès 2004, les pays les plus pauvres du monde, parmi lesquels Haïti, le Népal et le Ghana, pourront faire une demande d’aide. Le nombre de bénéficiaires potentiels augmentera au cours des deux années suivantes. Les Philippines, la Jordanie, le Pérou et plus d’une centaine d’autres pays pourront faire une demande, mais seuls entre 10 et 20 d’entre eux recevront effectivement de l’aide.

CRITERES DE PERFORMANCE

Pour avoir une chance de figurer parmi les élus, les pays seront classés selon 16 "indicateurs de performance" faisant le point sur leur situation en matière de respect des droits de l’Homme, de santé ou encore d’éducation.

Le degré de "liberté économique" du pays sera également évalué par Washington en fonction des chiffres qui lui seront fourni concernant l’inflation, le déficit budgétaire ou encore l’ouverture des marchés.

La lutte contre la corruption sera l’un des critères les plus importants.

"La corruption est rédhibitoire. Si vous ne l’éliminez pas, vous ne pourrez sans doute pas être choisi", a prévenu un responsable américain.

Les pays obtenant des résultats au-dessus de la moyenne pour une majorité d’indicateurs pourront aspirer à recevoir de l’aide, après avoir toutefois reçu le feu vert d’une commission

gouvernementale chargée de faire les dernières recommandations au président.

Pour administrer ce programme, Bush a demandé au Congrès de créer une Société du défi du Millénaire. L’agence sera supervisée par un conseil d’administration composé de hauts fonctionnaires et présidé par le secrétaire d’Etat Colin Powell.

L’Agence emploiera directement une centaine de personnes et s’appuiera sur les travaux de l’Agence américaine pour le développement international (Usaid) et d’autres agences fédérales.

L’aide pourra être allouée au gouvernement d’un pays, mais aussi à des organisations non gouvernementales ou au secteur privé.

Le montant de l’aide devrait passer de 1,67 milliard en 2004 à 3,33 milliards l’année suivante. Au bout de trois ans, cinq milliards seront prévu pour cela chaque année dans le budget.

Mary McClymont, présidente de l’InterAction, un collectif d’ONG basées aux Etats-Unis, a salué la création de l’Agence tout en s’inquiétant de son financement.

"Cela pourra être un outil très important pour améliorer l’efficacité de l’aide et lutter contre la pauvreté", a-t-elle déclaré. "Mais bien sûr, nous devrons nous assurer que les fonds se matérialisent vraiment."

Reuters, Washington -26 novembre 15:42:55

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