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27 janvier 2003

Le pétrole est le principal objectif des Etats-Unis en Colombie

par Sergio Gomez Maseri

 

Selon Stratfor, une agence réputée, spécialiste du renseignement, c’est ce qui explique l’approbation d’un budget de 100 millions de $ destiné à protéger l’oléoduc Caño Limón-Coveñas.

Le pétrole, plus encore que l’éradication de la drogue, est devenu le principal objectif des Etats-Unis en Colombie. Cette nouvelle donne pourrait avoir des conséquences négatives en ce qui concerne la guerre intérne.

Stratfor est aussi une agence très écoutée dans divers cercles du pouvoir à Washington.

Selon Stratfor, le nouveau paquet d’assistance économique sollicité auprès du Congrès et l’annulation des restrictions pour que l’aide donnée dans le passé pourraît être employés pour combattre les guérillas et les paramilitaires et indiquerait "que la première priorité pour l’administration Bush est de protéger les zones pétrolières vitales de Colombie et de sécutiser d’autres secteurs ruraux où on estime qu’il y a des réserves de pétrole, afin que les compagnies nordaméricianes puissent entamer leur exploration dans des conditions de sécurité opportunes".

L’agence rappelle comment les E-U ont sollicité du Congrès quelques 100 millions de $ qui serviront à financer une brigade de l’Armée consacrée exclusivement à protéger l’oléoduc Caño Limón-Coveñas, exploité par la multinationale nordaméricain Occidental et pour lequel la Colombie reçoit ces cadeaux.

En novembre, en effet, les premiers membres des Forces Spéciales des E-U arriveraient au pays et commenceraient l’entraînement.

Bien que, dans ce cas, on attribue une bonne part de l’intérêt porté au Caño Limón-Coveñas à la pression de l’Oxy, cela s’explique également du fait que d’autres entreprises comme Exxon-Mobil, British Petroleum, Unocal, Texaco et Phillips Petroleum, ont investi plus de 25 millions de $ depuis 1996 pour faire pression sur le Congrès afin qu’ils aide à protéger des zones de Colombie où on estime qu’il existe du brut.

Pour les E-U, vu l’instabilité au Vénézuéla et au Moyen-Orient, la Colombie pourrait être une bonne alternative. Mais pour que cela se concrétise, affirme Stratfor, il faut d’abord soustraire aux guérillas et aux paramilitaires le contrôle qu’ils exercent aujourd’hui dans ces zones d’intérêt. Ce faisant, évidemment, on réduirait aussi le trafic de drogues puisque c’est dans ces mêmes régions que l’on cultive les stupéfiants.

Cela conviendrait tout autant à Uribe, affirme l’agence, puisque le pétrole représente 25% des recettes dont dispose l’État pour poursuivre ses programmes gouvernementaux et qu’il pourrait ainsi récupérer les 500 millions de $ annuels qu’il perd à Caño Limón-Coveñas du fait des attaques de la guérilla.

C’est d’autant plus important que, d’après certaines évaluations, si la Colombie ne trouve pas de nouveaux puits de brut dans les prochains 18 mois, elle pourrait se transformer en importateur de pétrole. Selon l’agence, on estime qu’en Colombie il y a 37 milliards de barrils en réserve mais on n’a pas encore effectué de recherches dans 80% des secteurs du pays où il pourrait avoir du brut.

"Tant l’exportation de pétrole que l’exploration de nouvelles réserves sont rendues impossible parce que les FARC et l’ELN empèchent de nouveaux projets en attaquant, en extorsionnant et en kidnappant systématiquement dans les zones pétrolières", note Stratfor.

Contre la guérilla et les paramilitaires

Ce changement de priorité, toutefois, aurait des conséquences. D’abord pour les membres des Forces Spéciales qui iront à Arauca pour s’entraîner.

"Très certainement, ces unités seront attaquées par les FARC et l’ELN. C’est pourquoi la garantie de l’administration Bush de ne pas s’immiscer dans ce conflit interne ne vaut absolument rien".

De même, dit Stratfor, les attaques des FARC et de l’ELN contre des citoyens et des compagnies américaines s’intensifieront.

"Le nationalisme économique est un élément important de l’idéologie défendue par les deux groupes rebelles et le pétrole est considéré comme la ressource économique la plus importante de Colombie. Il en résultera des mesures de sécurité approuvées par les E-U et destinées à protéger le brut, et la présence de davantage de compagnies pétrolières nordaméricianes poussera les FARC et l’ELN à attaquer les intérêts des E-U avec plus d’agressivité".

Pour l’agence, il faut aussi prendre en considération le sentiment des Colombiens parce que, bien que la majorité soutienne la présence militaire des EU, il n’est pas évident qu’ils comprennent et approuvent l’intérêt de l’administration Bush dans le futur pétrolier du pays.

*Traduction (esp-fr) : ARLAC
El Tiempo, 30.10.02.

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