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29 novembre 2002

Le mouvement contre la globalisation néolibérale est en progrès.

 

Par Heinz Dieterich Steffan
Rebelión

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Le socialisme du XXIème siècle.

Diverses manifestations dans le Premier Monde et en Amérique Latine, le refus de plus en plus affirmé de l’ALCA, la multiplication des déroutes électorales néolibérales et la progressive auto-organisation des mouvements sociaux émergents, mettent en évidence une tendance. A l’intérieur de ce mouvement, prend forme une alternative globale post-capitaliste avec son projet de transition : le Socialisme du XXIème siècle.

La naissance de cette alternative est vitale pour le futur de l’humanité. Le mouvement contre la globalisation néolibérale est en ce moment comparable à un géant invertébré et myope. Un tel état de développement s’explique par la phase embryonnaire dans laquelle il se trouve. Mais pendant que le temps passe, la réaction négative de l’élite globale prend forme, elle doit faire un saut qualitatif vers un mouvement « conscient de soi », de ses possibilités et des limites de l’évolution qui est à sa portée. On peut illustrer cette nécessité par la métaphore d’un Système Global de Positionnement (Global Positioning System, GPS(NDLR utilisé pour connaître sa position sur une carte de navigation)) théorique qui permettrait de comprendre, où l’on se trouve et dans quelle direction doit on diriger nos pas, pour développer une nouvelle société.

Historiquement, cette identification du sujet « transformateur » dans les dimensions de l’espace, temps et mouvement, a été la tâche des avant-gardes du changement. Par exemple, Vladimir I. Lenine, donne à la révolution triomphante les grandes lignes qui décident de la réussite ou de l’échec d’un macro processus social. Une de ses clarifications et orientations stratégiques vitales fut de changer la stratégie économique du « communisme de guerre » de 1917 vers celle de la « Nouvelle Politique Economique » de 1921. Définir le communisme comme la charnière des Soviets avec l’électrification du pays,en fut une autre.

Mais ces choix historiques pour orienter les forces de la démocratisation du système servent seulement pendant un certain temps, parce que l’univers social change qualitativement avec une vitesse considérable. Cela explique pourquoi nombre de positionnements stratégiques de Lenine et d’autres hommes du passé ne remplissent plus la fonction de révélateur de la réalité. Ce dilemme grandit avec de nouvelles déterminations particulières -par exemple le processus chinois- qui dans leur grande majorité ne sont pas applicables à d’autres processus de transformations globales.

Pour que le mouvement global de démocratisation ne s’embourbe pas dans son état de géant myope et invertébré et pour qu’il puisse acquérir une conscience de soi -donc une réalité propre cohérente- qui la convertirait en sujet et en puissance avec une capacité de transformation, il est indispensable savoir ce que signifie une économie socialiste dans des conditions contemporaines, pour pouvoir proposer correctement les phases et les méthodes de sa construction.

A l’intérieur de cette nouvelle société socialiste, en transition vers la Démocratie Participative on note trois aspects :

1. La participation des citoyens dans les décisions macroéconomiques essentielles.
2. L’existence de secteurs économiques importants régis par la valeur objective des produits et services.
3. La décision sur l’intensité du travail de la part du producteur immédiat (employés, travailleurs, ouvriers, etc.).

L’introduction de ces éléments constitutifs de l’économie socialiste du 21ème siècle dépend à la fois de trois facteurs :

a) du degré moyen de développement de forces productives
b) du niveau général d’éducation
c) du niveau général de l’éthique

En conséquence, on doit différencier les étapes et les formes d’implémentations successives de la nouvelle économie socialiste conforme aux conditions concrètes de chaque pays et région, pour ne pas violer de façon dogmatique les possibilités objectives du progrès.

Le premier critère de l’économie socialiste signifie que les citoyens doivent décider chaque année des budgets fédéraux, provinciaux et municipaux, cette structuration et exécution détermine en grande partie la qualité de vie.
Le deuxième critère implique une rupture graduelle avec les mécanismes d’exploitation de la production des richesses du marché qui est la camisole de force macroéconomique qui détruit la qualité de vie de la majorité des habitants.

Parmi ces mécanismes, le système de prix est le principal dispositif d’expropriation de la valeur ajoutée que génèrent les travailleurs. Ce dispositif se base essentiellement -contrairement a ce qui disent le ayatollahs de l’économie bourgeoise- dans le différentiel du pouvoir entre les agents économiques. Celui que détient le plus de pouvoir détermine le prix et empoche la valeur ajoutée. Le passage progressif des secteurs de l’économie soumis à cette logique de pouvoir vers la logique de la valeur objective réduit le champ d’application de la tyrannie de la production des richesses et amplifie la sphère de l’économie démocratique.

Pour mener à bien la troisième caractéristique de l’économie socialiste -l’érosion et rupture finale de la tyrannie microéconomique (dans les entreprises), avec comme conséquence la récupération des facultés d’autodétermination caractéristiques de toute démocratie réelle- il faut concentrer le débat sur son point nodal : la relation entre propriété productive et démocratie économique.

Contrairement à ce qu’on pense, le problème structurel de l’économie ne réside pas dans l’existence du marché, ni dans les formes de propriété. Toute économie basée sur la division sociale du travail requiert une sphère de circulation ou d’échange, de même celle de la production, qui fut transformée par la haute bourgeoisie et ses hommes politiques professionnels en système de soumission et d’exploitation qui travaille contre les intérêts de l’humanité.

Les formes de la propriété ne sont pas la cause décisive de l’injustice économique, parce que tout forme de propriété peut être utilisée à fins d’exploitation qu’elle soit privée, collective ou coopérative. La qualité de vie du travailleur ne varie pas substantiellement sous le joug d’un seigneur féodal ou de son majordome, d’un propriétaire capitaliste, d’un gérant... Dans tous les cas le pouvoir économique fait face aux travailleurs comme une force supérieure et tyrannique, sur laquelle il n’a aucune incidence, bien qu’elle détermine son destin. Le travailleur est un objet aliéné, auquel un sujet appelé marché ou plan impose ses conditions de travail, donc de sa vie.

Pour rompre cet cycle historique d’esclavagisation de facto du produit direct, un seul chemin existe : que les travailleurs eux-mêmes déterminent le degré d’intensité du travail -ou pour le dire avec les mots de Marx, le degré d’exploitation du travail humain qui se manifeste dans la taxe de la plus-value (relation plus-value et capital variable, p/v). Quand les producteurs directs détermineront par consensus leur productivité -en acceptant de recevoir proportionnellement moins de gratification, s’ils décident d’opérer en dessous des moyennes sociales existantes- on aura brisé le suivisme de six mille ans d’exploitation. Seulement alors, il y aura une différence qualitative entre la gestion d’entreprise capitaliste et socialiste qui motivera les travailleurs à défendre la deuxième. Aujourd’hui la technologie et la gestion des entreprises dans toutes les économies sont capitalistes et c’est pour cela que la « propriété socialiste » ou l’économie socialiste sont essentiellement des nomenclatures sans contenance ni identification personnelles.

La défense contre le néolibéralisme dans sa forme mercantile (ALCA, OMC, etc.) et belliciste (Plan Colombia, guerre contre l’Irak, etc.) requiert un complément stratégique offensif, pour triompher. Le Système de Positionnement Global théorique de l’humanité indique clairement que seul ce complément peut-être le socialisme du 21ème siècle.

Ceci est un résumé d’une etude en espagnol de l’auteur de 74 pages. Pour se la procurer cliquer ici ->

PDF - 1.1 Mo
El Socialismo del siglo XXI

Rebelión, www.rebelion.org , site espagnol.

Traduction pour El Correo : Estelle et Carlos Debiasi

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