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16 juillet 2014

Le leadership de l’Allemagne en Europe

 

L’Allemagne a pour habitude de remporter les championnats du monde et les moments historiques, écrit mercredi le quotidien Vedomosti.

La victoire en 1954, devenue le sujet du Miracle de Berne sorti en 2003, a offert aux Allemands un rare moment de triomphe après le déshonneur de 1945. L’Allemagne remporte sa deuxième victoire en 1974, quand le miracle économique allemand s’est révélé au monde. La victoire de 1990 reflétait la joie et l’espoir de la réunification de l’Allemagne en vue.

La victoire actuelle est tout aussi symbolique. Certes, le Royaume-Uni et la France disposent de l’arme nucléaire et sont des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, mais la crise de l’euroa propulsé l’Allemagne en position de leader incontestable de l’Europe.

Paris ressemble à un magnifique musée, Rome s’effondre sous les yeux, Londres est trop chère et déborde de touristes. Et dans ce contexte Berlin est devenue une ville à la mode avec de nombreux clubs, galeries et une architecture admirable. D’autant qu’elle reste une ville où les jeunes gens peuvent encore se permettre de vivre.

Trop beau pour être vrai ? Peut-être bien. L’Allemagne conserve son image politique dans le monde en général – là où sa puissance n’est pas ressentie. Mais les voisins dans la zone euro commencent déjà à montrer leurs dents. L’engagement obstiné du gouvernement de Merkel pour la politique d’austérité économique a engendré une image d’Allemands hautains et insensibles. A la question de savoir quel pays on voudrait le moins voir vainqueur du Mondial, les personnes interrogées en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Hollande et au Royaume-Uni ont classé l’Allemagne aux deux dernières positions.

Le scandale d’espionnagerécent avec les USA a provoqué en Allemagne un antiaméricanisme voilé qui n’était pas très perceptible pendant la présidence de George Bush. L’indignation concernant les écoutes est logique. Mais elle semble s’être transformée en une réticence de faire le choix entre la Russie et l’Occident. Le sondage réalisé avant ce scandale a montré que la majorité des Allemands préférait que leur pays garde une distance égale entre la Russie et de l’alliance occidentale, contre une minorité prooccidentale. Ces mœurs préoccupent l’establishment proatlantiste allemand, ainsi que les voisins à l’est de l’Allemagne.

Toutefois, tant que l’économie allemande fonctionne au bon rythme, les voisins feront preuve de retenue dans l’appréciation de la politique étrangère de l’Allemagne. Mais le fait est que les sources du succès économique allemand actuel risquent de s’épuiser avec le temps. La population vieillit et diminue. Après de nombreuses années de patience, les travailleurs allemands ont commencé à exiger des hausses de salaire, ce qui pourrait saper la compétitivité cruciale pour l’Allemagne sur les marchés mondiaux. Les marchés primordiaux pour l’Allemagne sont ceux qui souffrent de la politique d’austérité. Bien évidemment Merkel, dont le leadership silencieux mais brillant a permis à l’Allemagne de marquer des points assez récemment, est consciente de ces défis. La victoire à Rio de Janeiro a seulement permis d’oublier les problèmes, marquer une pause et profiter du moment.

© Flickr/ Philippe AMIOT

RIA Novosti. Moscou, 16 juillet 2014 -

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