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5 avril 2010

Etranglement néolibéral.

Le Mexique sans autosuffisance alimentaire.

Vingt entreprises dominent l’industrie agricole du pays

par Susana González G.

 

Toutes les versions de cet article : [Español] [français]

Avec les politiques néolibérales impulsées depuis presque trente ans, le secteur agraire mexicain a été « dévasté » par la domination d’une vingtaine d’entreprises agroalimentaires multinationales qui contrôlent tous les secteurs de la vie agricole, mais aussi par les politiques officielles suivies particulièrement par les deux derniers gouvernements, comme le dénonce une enquête de l’organisation internationale Oxfam et le Red Nacional de Promotoras y Asesoras (RedPar). (Réseau National des syndicats de Promotion et Conseil Ruraux).

Le marché agroalimentaire du Mexique – de la commercialisation et la distribution de grains jusqu’à la transformation industrielle des produits agricoles et l’importation d’aliments – est aux mains de Wal Mart, Kansas City, Cargill, Bimbo, Maseca, Bachoco, Pilgrim’s Pride, Tysson, Nestlé, Lala, Sigma, Monsanto, Archier Danield’s Midland, Général Foods, Pepsico, Coca Cola, Groupe Vis, Groupe Modelo et du Groupe Cuauhtémoc. Pour le cas du maïs, quatre entreprises contrôle 66% de l’offre de grain, précise le document.

Le Mexique a perdu l’autosuffisance alimentaire qu’il avait à l’après-guerre, depuis qu’en 1982 le néolibéralisme s’est imposé et en 1994 avec le Traité de libre commerce de l’Amérique du Nord (TLCAN), qui a provoqué un effondrement des prix de l’ordre de 70% dans les produits agricoles locaux.

Manque de ressources.

Face de la concentration du marché agricole, 76% de plus de 4 millions d’unités de production rurale sont « des petits agriculteurs d’autoconsommation ou de subsistance, avec une basse production et une productivité », encore 18% sont-ils considérés de transition, tandis qu’uniquement le 6% restant ils sont de producteur à grande échelle.

Cependant, RedPar et Oxfam soulignent que les grands entreprises multinationales ne sont les seules responsables de la dévastation agricole du pays.

« Le deuxième aspect qui a affecté les producteurs ruraux fut la politique officielle des gouvernements néolibéraux, mais en particulier celle des deux dernières gouvernements, qui, en plus de réduire les aides au secteur agricole par rapport à d’autres secteurs, un sous exercice a été pratiqué et seulement un groupe réduit de producteurs a été privilégié par les mesures prises effectivement », indique l’étude, réalisée à propos de l’impact que la crise économique a eu chez les femmes de milieux rural dans les deux dernières années.

Et de rapporter que le Recensement Agricole, D’élevage et Forestier de l’année dernière précise que seul 4% des unités de production avec une activité agricole et forestière dispose d’un type de crédit ou d’assurance.

De la même manière, il souligne qu’ en 15 ans d’existence de Procampo, seuls 10% des 2.4 millions de bénéficiaires, c’est-à-dire 240 000 personnes, ont bénéficié de 57% des ressources du programme, comme Fundar. Le restant, 43% du budget a été distribué entre les 2.1 millions de bénéficiaires du programme, 90% du recensement.

En ce qui concerne les régions, 80% des aides octroyées par des Appuis et Services à la Commercialisation Agricole (Aserca) s’est concentré sur les Etats de Sonora, Sinaloa et Tamaulipas.

Les petits et moyens producteurs sont restés à la merci des prix bas et du manque de ressources pour semer, donc ils ont orienté leur production vers l’autoconsommation ou bien abandonné leur terre et la donnent à semer pour émigrer, remarquent Oxfam et RedPar.

Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi

La Jornada</U> . Mexico, le 4 avril 2010.

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