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13 novembre 2005

Le FMI, prophète de l’ajustement, augmente son budget de 5%

 

Au FMI, à chaque fois on dépense plus, en contredisant son propre credo. L’institution financière se comporte comme une grande bureaucratie qui chaque fois dépense plus. Rodrigo Rato son président s’est octroyé à nouveau une augmentation de presque 10 %,et gagne déjà plus de 440.000 dollars par an.

Par Marcelo Zlotogwiazda
Página 12
, 15 octobre 2005

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"Les maîtres en ajustement fiscal, les plus grands experts pour faire pressions sur les baisses des dépenses des États, se comportent à l’intérieur à l’inverse de l’austérité qu’ils prônent", soulignait, il y a un an, une note publiée par ce journal, mais qui est toujours d’actualité pour commencer cet article sur le même sujet, puisque l’histoire se répète : le Fonds Monétaire International a, à nouveau, augmenté son budget administratif, cette fois de 5 %, correspondant en gros à l’augmentation des salaires du personnel. On ne manquera pas de remarquer que celui qui en profitera le plus sera son directeur, l’espagnol Rodrigo Rato, qui va gagner 443.760 dollars annuels, ce qui représente une augmentation de presque 10 %.

En accord avec le dernier budget approuvé par le conseil d’administration de l’organisme, qui porte sur la période mai 2005 - avril 2006 et qui est publié dans le Rapport Annuel diffusé récemment, le total des frais administratifs prévus s’élève à 937 millions de dollars, quelque 45 millions de dollars plus que ce qui a été finalement dépensé pendant l’exercice clos au 30 avril passé.

Ce qui est indiqué n’est pas une surprise, puisque les dépenses administratives augmentent de manière ininterrompue depuis au moins une décennie d’années, au point que durant cet exercice, on va dépenser deux fois plus que pour l’exercice clos en avril 1995. Il convient de se demander quelle opinion les technocrates de l’institution auraient si l’un des membres affichait une telle performance haussière pour ses frais.

La colonne pour frais en personnel représente plus de deux tiers du budget total, et a reçu pour l’exercice en cours 4% plus que pour le précédent, pour atteindre 660 millions de dollars. Les raisons brandies pour justifier cette augmentation sont les suivantes :

- "Le standard d’efficience et compétence technique du personnel du FMI doit être le meilleur."

- "Le FMI demande que tous ceux qui travaillent pour l’institution d’observer les critères les plus élevés d’ éthique, ce qui consiste en des valeurs d’intégrité, impartialité et discrétion qu’ exige le Code de Conduite."

Il s’agit sans doute de motifs plus que sensés, et évidemment cela tomberait bien que l’institution accepte ces mêmes raisons quand elle évalue les politiques de ses emprunteurs. Mais imaginez-vous Anoop Singh ou Anne Krueger être d’accord avec une augmentation des salaires des fonctionnaires municipaux, provinciaux et nationaux de manière à contribuer à une amélioration de leur efficience et à faire baisser la corruption ?

C’est donc logiquement indiscutable que le FMI se dise que "pour recruter et retenir le personnel hautement qualifié dont il a besoin, il a développé des systèmes de « compensation et de bénéfices » internationalement répandus, de telle sorte qu’on récompense la bonne performance et qu’on prend en considération les besoins spéciaux reçus de plusieurs pays et qui en général sont reexpatriés ".

Et on explique au préalable, qu’on a adopté comme critère "adapter les salaires sur la base d’une comparaison avec ceux payés dans des entreprises industrielles et financières privées très bien choisies aux Etats-Unis, en France et en Allemagne".

Une fois de plus, pourquoi ne pas appliquer le même critère pour les fonctionnaires des pays que le FMI contrôle ? Ou est-ce, peut-être, que dans ces cas , l’efficience et la transparence ne leur importe pas ?

Ceux qui ne peuvent pas se plaindre, ce sont les hauts fonctionnaires de l’institution, en commençant par Rato qui, comme on l’a vu, va percevoir 10% de plus que l’an dernier, suivi par la numéro deux, l’ineffable Madame Krueger, qui a reçu un ajustement semblable de 9% , ce qui porte son salaire à 327.290 dollars par an ; cela représente entre huit et douze fois ce que le FMI paye aux chauffeurs. Heureux tous ceux, auxquels le FMI -comme cela figure dans son budget- reconnaît au minimum une indexation salariale sur la base de l’inflation de Washington.

Bien que ne soit pas prévu un montant important d’incorporations à la dotation de personnel, celle-ci monte tendanciellement au point d’avoir doublé durant les vingt-cinq dernières années.

Le budget administratif prévoit aussi une hausse significative du poste voyages, qui passe de 90 à un peu moins de 100 millions de dollars. Et hors des frais courants, les prévisions d’investissements signalent aussi une tendance à l’augmentation, de 123 millions de dollars pour la période 2005-2007 à 148 millions qu’ils pensent investir durant la période 2006-2008, bien qu’aient déjà conclus les travaux du nouveau bâtiment.

L’article d’il y a un an concluait en indiquant que le nombre de pays partenaires du Fonds est presque le même qu’il y a dix ans, et il soutenait textuellement : "C’est-à-dire que si l’efficience globale du FMI était mesurée selon la proportion des dépenses par pays, un commissaire aux comptes devrait lui taper sur doigts. Cependant ses fonctionnaires perçoivent chaque année un peu plus ".

De toute manière, cette nouvelle répétée, ce n’est pas le pire de ce qu’on peut reprocher au FMI.

Traduction de l’espagnol pour El Correo : Estelle et Carlos Debiasi

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