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21 mai 2002

Le Crédit Agricole plante l’Argentine

par Carlos Debiasi

 

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Le Crédit Agricole laisse tomber l’Argentine et abandonne ses trois filiales. Une décision lourde de conséquence pour l’économie de la pampa.

En annonçant la cessation de ses activités en Argentine, le Crédit Agricole accélère l’effondrement tant redouté du système bancaire argentin.

Les trois filiales argentines -Banco Bisel, Bersa (Banco de Entre Ríos), Banco Suquia, - qui représentent 350 agences et quelques 6100 salariés et 2200 millions de pesos-dollars de dépôts - ont été placées le 20 mai 2002 sous l’administration de Banco Nación, après la décision du groupe français de cesser ses activités en Argentine.

C’est un coup dur et bas pour l’économie argentine car les trois établissements sont étroitement liés au financement de l’agriculture de l’élevage du pays. La banque Bisel est la plus importante de la province de Santa Fe, la banque Suquia opère dans celle de Cordoba, et la banque Bersa est très impliquée dans la province de Entre Ríos.

Depuis mars dernier, la Banque Centrale exige des banques étrangères qui demandent une assistance financière qu’elles en apportent la contrepartie en dollars, cela étant considéré comme une forme d’engagement sur l’avenir de leur filiale. Cette décision avait été prise afin d’éviter que ne se renouvelle l’épisode de la ScotiaBank, qui avait obtenu 180 millions de pesos pour se renflouer, mais dont les actionnaires canadiens, une fois la somme empochée, ont levé le camp, laissant l’établissement à la dérive.

Le Crédit Agricole, qui avait pourtant promis de recapitaliser ses trois filiales, pour compenser les dernières avances faites par la Banque Centrale, a fait connaître la semaine dernière sa décision de ne pas apporter davantage de fonds, et donc de se retirer du pays. Aussitôt l’équipe de Lavagna (ministre de l’économie) a mis sur pieds un plan de secours : il a été décidé que les trois établissements abandonnés seraient pris en charge par Banco Nacion selon l’article 35 de Code Bancaire. Alors que de son coté la Banque Centrale (dont le président est proche du FMI) prônait la cession des trois établissements à d’autres banques privées. Il n’est pas sûr qu’il y ait beaucoup d’amateurs sur les rangs. D’autant que d’autres banques étrangères risquent hélas de suivre les traces du Crédit Agricole.

El Correo 21 mai 2002

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