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16 avril 2005

Le Brésil humilié retire son candidat à la présidence de l’OMC

 

Par Aude Marcovitch
Le Figaro. Genève, 16 avril 2005

Défait au premier tour, le Brésilien Seixas Corrêa, l’un des quatre candidats en lice pour le poste de directeur de l’OMC, a pas obtenu le plus petit nombre de suffrages des Etats membres nécessaire pour diriger l’organisation. Comme le veulent les statuts de l’institution, il devrait se retirer de la course.

Restent le Français Pascal Lamy, arrivé en tête des voix récoltées cette semaine, le Mauricien Jaya Krishna Cuttaree et l’Uruguayen Carlos Pérez del Castillo.

Parti favori de la compétition, grâce notamment à sa bonne performance devant le conseil général en janvier dernier et au soutien que lui accordent l’Union européenne et les Etats-Unis, l’ancien commissaire européen devrait, sauf coup de théâtre, retrouver l’un des deux adversaires du dernier round. La date butoir, pour le remplacement du Thaïlandais Supachai Panitchpakdi à la tête de l’institution genevoise est fixée au 31 mai prochain. Le deuxième tour de l’élection aura lieu le 21 avril.

Désormais, les pronostics vont bon train sur le report des voix du candidat qui devrait se retirer. Alors que seule la Chine avait annoncé officiellement son soutien au Brésil, on peut supposer que d’autres Etats du G 20 (le groupe des pays émergents que conduit Brasilia) tels que l’Inde et l’Afrique du Sud, avaient accordé leur préférence au géant latino-américain. Depuis le changement à la tête du gouvernement de Montevideo en mars dernier, l’Uruguay a souhaité adhérer au G 20. Cela pourrait lui valoir les faveurs des pays émergents, et celles des 17 pays exportateurs agricoles, ses acolytes du groupe de Cairns dont font partie notamment l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Quelle sera l’attitude des pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) au tour suivant ? Eux qui semblent avoir fait bloc cette semaine autour du Mauricien Cuttaree, pourraient marquer leur défection dans les jours à venir. « Les Africains n’auraient pas accepté de perdre un représentant du continent au premier tour, commente un expert européen. De là à penser qu’ils suivront Cuttaree jusqu’au bout, rien n’est moins sûr. » On murmure parmi les Européens que certains pays ACP auraient assuré Pascal Lamy de leur soutien.

Mais c’est sans compter avec la fibre Nord-Sud que tente d’activer le candidat mauricien. Commentant la nomination de l’américain Paul Wolfowitz à la présidence de la Banque mondiale, Cuttaree a dénoncé le fait que les institutions de Bretton Woods (FMI et Banque mondiale) sont devenus des « quasi-propriétés » des Américains et des Européens. Laissant entendre que l’OMC devrait revenir à un candidat issu d’un pays en développement.

De même, la rumeur sur une possible tractation entre Washington et Bruxelles a fortement déplu dans les rangs des pays du Sud. En échange du soutien à son candidat Pascal Lamy, l’Union européenne aurait fermé les yeux sur l’entrée du chef de file des néoconservateurs américains dans l’enceinte de l’institution en charge de promouvoir le développement. « Beaucoup de pays ont peur que l’élection du directeur ne soit ni propre ni juste », indique un observateur de l’organisation. Une situation qui pourrait dès lors favoriser un petit Etat tel que l’Uruguay.

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