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26 avril 2008

La malbouffe attaque le Mexique second au rang mondiale des personnes souffrant d’obésité.

 

Le Mexique est désormais au deuxième rang dans le monde pour le nombre de personnes souffrant d’obésité.
Le Mexique est désormais au deuxième rang dans le monde pour le nombre de personnes souffrant d’obésité.
Photo Armand Trottier, Archives La Presse

Par Nathaëlle Morissette
La Presse
. Mexico, le vendredi 25 avril 2008.

Le Mexique grossit. L’augmentation du prix des aliments de base comme la tortilla, les haricots et les œufs ainsi que l’adoption d’une alimentation plus « occidentale » font en sorte que les Mexicains se tournent davantage vers de la nourriture bon marché, peu nutritive et riche en calories.

Résultat : environ 70% de la population adulte se retrouve avec un problème de surplus de poids ou d’obésité. Le Mexique se classe ainsi au deuxième rang des pays ayant le plus haut taux d’obésité, tout juste derrière les États-Unis. Chaque année, 1 million de personnes s’ajoutent au nombre des Mexicains faisant de l’embonpoint.

« Le problème va en s’aggravant, souligne le Dr Adolfo Chavez, de l’Institut de sciences médicales et de la nutrition Salvador Zubirán (INNSZ) à Mexico. Je pense que, d’ici cinq ans, nous serons le pays comptant le plus grand nombre d’obèses. »

La hausse du prix de plusieurs aliments de base explique en partie ce phénomène, car les Mexicains mettent dans leurs paniers d’épicerie de la nourriture bon marché et de moins bonne qualité. « Tout a augmenté et à cause de ça, les gens ne mangent pas bien », mentionne Abel, employé dans un petit marché public de Mexico. Par exemple, depuis le début de l’année, le prix d’un kilo de piments est passé de 10 pesos (1$) à 18 pesos (1,80$). Les œufs, qui étaient à environ 10 pesos (1 $), coûtent maintenant 16 pesos.

« C’est maintenant difficile d’avoir une alimentation équilibrée, croit pour sa part Laora Moren, l’une des clientes du marché. J’ai trois garçons et ce n’est pas évident de trouver une façon de les remplir tout en les nourrissant bien, ajoute-t-elle. Nous mangeons de la viande seulement une fois par semaine. Et l’un de mes fils a un surplus de poids, il doit perdre 3 kg. »

« Avec ces augmentations, il est évident que les familles pauvres et celles de classe moyenne doivent faire une croix sur plusieurs aliments, mentionne José Alberto Rivera Marquez, professeur-chercheur en sciences de la santé collective à l’Université autonome métropolitaine à Mexico. En buvant une boisson gazeuse ou en mangeant des biscuits, les gens ont l’impression qu’ils réussissent à combler leur appétit », ajoute-t-il.

En plus, les Mexicains aiment la nourriture rapide, expliquent les experts interrogés. Ils sont friands de croustilles, de soupes instantanées, de boissons gazeuses et de biscuits, tous des aliments riches en gras, en sel et en sucre. Ici, il n’est pas rare de voir des enfants âgés de 1 ans ou 2 en train de boire un Coca-Cola, disent-ils.

« Nous sommes en train d’assister à une occidentalisation des habitudes alimentaires, explique M. Rivera Marquez. C’est comme une mode. Les gens abandonnent le régime traditionnel mexicain, qui comporte beaucoup de céréales, de fruits et de légumes, et préfèrent manger un hamburger. »

Le rôle du gouvernement

Par ailleurs, le gouvernement peut-il adopter des mesures pour freiner cette épidémie d’obésité qui menace le Mexique ? Déjà, à la télévision, les publicités faisant la promotion de produits alimentaires présentent au bas de l’écran des recommandations telles que « Mangez bien » ou « Faites de l’exercice ». En début d’année, le secrétariat de la Santé a demandé - sans les contraindre - aux entreprises alimentaires d’éviter de diffuser à la télévision des publicités de nourriture faible en valeur nutritive pendant les heures d’écoute des enfants.

Mais pour le Dr Adolfo Chavez, c’est bien peu. « L’idée est bonne, assure-t-il, mais il n’y a encore rien de concret en ce sens et aucune sanction n’est appliquée si les entreprises ne tiennent pas compte de la recommandation du secrétariat de la Santé. »

José Alberto Rivera Marquez abonde dans le même sens. Selon lui, le gouvernement devrait jouer un rôle d’éducation auprès de la population en publiant notamment des guides simples et clairs afin d’inciter les gens à adopter de saines habitudes alimentaires. Il devrait également mettre sur pied un programme d’aide qui permettrait aux plus pauvres d’acheter à moindre coût de la nourriture de qualité.

Faute de geste concret, M. Rivera Marquez craint le pire. « De plus en plus de gens vont devenir obèses et malades. Leur qualité de vie va diminuer et le système de santé mexicain n’est vraiment pas prêt à faire face à ce genre de crise. »

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