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3 octobre 2006

L’Argentine demande pardon au peuple du Honduras pour la guerre sale.

"Je demande pardon au peuple du Honduras".

 

En visite au Honduras, Nilda Garré a fait des excuses au nom de l’État pour le rôle qu’ont tenu certains conseillers militaires argentins pendant les années de dictature dans ce pays. Elle a été décorée par le président.

Par Página 12 .
Buenos Aires, le 30 septiembre 2006.

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Comme la fois où le président Néstor Kirchner a demandée pardon au nom de l’État pour les crimes de la dictature, hier le tour est venu pour la ministre de la Défense, Nilda Garré. En visite en Honduras, où on lui a décerné la plus haute distinction de ce pays - la Grande Croix des Forces Armées -, Garré a demandé pardon pour le rôle tenus par les conseillers militaires argentins pendant les années de dictature dans ce pays. "Comme ministre de la Défense de la République Argentine, au nom du président Kirchner et du peuple de San Martin, je demande pardon au peuple de Morazán (Francisco, premier président du Honduras) pour le rôle néfaste que quelques militaires argentins ont joué comme conseillers de la répression et la torture durant les années des gouvernements militaires", a déclaré Garré.

Durant les années 1979, 1980 et 1981 un groupe de militaires argentins, la majorité appartenant au Groupe de mission à l’extérieur du Bataillon 601 de l’Armée de Terre (fonctionné aussi comme « escadron de la mort »), sont allés en Amérique Centrale pour intervenir comme conseillers militaires. Ils se sont rendus au Honduras, au Guatemala et au Salvador. Parmi d’autres activités liées à la répression de la rébellion ou au trafic de drogues, les argentins se sont chargés de donner des cours sur les « Opérations psychologiques, de la contrainte physique et des tortures » (Titre d’un manuel de l’Armée de Terre argentine eu publiée en 1968) à leurs camarades de ces pays.

Ont participé dans ce groupe :

- Oscar "Balito" Ribeiro
- Alfredo Valín
- Mario Davico
- Santiago Hoya
- Raúl Guglielminetti
- Leandro Sánchez Reisse
- Jorge Franco

pour la plupart fonctionnaires du Bataillon 601 de l’Armée de Terre ou des agents de la SIDE (Services secrets argentins).

La présence de militaires argentins en Amérique Centrale fut un secret de polichinelle au début des années 80. Son activité avait la bénédiction des autorités des Etats-Unis de l’époque, comme le démontre une interview qu’a accordé il y a six mois l’ex chef de la CIA de l’époque de Ronald Reagan, Duane Clarridge. Connu comme DaxLeBaron par ses compatriotes, Clarridge a raconté en détail comment les militaires argentins ont instruit leurs pairs d’Amérique Centrale pour obtenir de l’information et faire du renseignement. "La stratégie était très sophistiquée. L’objectif était d’entrer chez les gens et de les contrôler le plus rapidement possible. Ils venaient avec des médecins et ils leur donnaient des injections pour les calmer et les enlever vivants. Ainsi il n’y avait pas de massacres. Ils cherchaient une information", a-t-il rapporté dans un froid jargon de chirurgien.

Hier, presque vingt-cinq ans après, le ministre Garré s’est rendue au Honduras. En visite officielle à Tegucigalpa, elle a rappelé cette collaboration entre les dictatures, qu’elle a appelé "l’International de l’Epée". "Aujourd’hui, comme a dit le président (Manuel) Zelaya, le Honduras regarde au Sud et aujourd’hui aussi l’Argentine retourne à la maison, à cette Amérique latine faite par des patriotes comme San Martín et Francisco Morazán. L’internationale des épées que les dictatures argentines ont promulguées avec d’autres gouvernements latino-américains pour noyer les libertés démocratiques, freiner les désirs de justice sociale et ainsi violer les droits humains des latino-américains restent en arrière", a-t-elle déclaré . Garré a voyagé en Honduras pour donner une conférence sur l’expérience argentine du contrôle civil de la défense.

Dans une conférence à l’Hôtel Clarion au centre de la capital hondurienne, la ministre a exposé les principales lignes de la politique militaire de l’administration Kirchner. "Un fondement essentiel de la politique de défense argentine a été établi avec la promulgation de la Loi de Défense Nationale, où la différenciation entre les concepts de défense et de sécurité intérieure a constitué ensuite un antécédent immédiat et cohérent de la ’Loi de Sécurité Intérieure’ votée et promulguée. Le Système de Défense Nationale et de celui de Sécurité Intérieure s’occupent des hypothèses différentes qui s’excluent mutuellement. Tandis que la sécurité intérieure s’occupe de la prévention, la poursuite et la sanction de faits illicites décrits par le Code Pénal et par des les lois spéciales, la défense comprend l’ensemble des actions afin de repousser des agressions étatiques armées externes", a-t-elle souligné.

Après avoir demandé pardon pour le rôle des militaires argentins et expliquer la politique de son ministère, Garré a signé un accord avec son homologues de la Défense du Honduras, Aristides Mejia Carranza. L’accord de coopération entre les deux pays inclut le développement des programmes et de plans d’assistance, coopération technique et éducative. "Ma présence dans ce pays est le témoignage dont les gouvernements démocratiques du Honduras et de l’Argentine fonctionnent aujourd’hui en fraternité et de leur vision partagée fondée dans l’objectif commun de fortifier l’État démocratique de droit et de travailler pour favoriser le développement avec équité pour nos peuples", a-t-elle dit en conclusion de sa tournée dans le pays qui a un drapeau très semblable à l’argentin (céleste et blanc, mais avec cinq étoiles dans la bande blanche, fruit des efforts du corsaire franco-argentin Hyppolite Bouchard (Biographie en espagnol, bientôt en français)).

Traduction de l’espagnol pour El Correo : Estelle et Carlos Debiasi

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