recherche

Accueil > Argentine > L’Argentine de l’inégalité néolibéraleLe pays où les retraités se (...)

1er juillet 2017

ANSES : « Nous n’allons pas être témoins silencieux »

L’Argentine de l’inégalité néolibérale
Le pays où les retraités se suicident

L’Indec a présenté les indicateurs de répartition du revenu pour le 1er trimestre 2017

 

Toutes les versions de cet article : [Español] [français]

Après le suicide d’un retraité de 91 ans au siège de l’Anses [organisme public qui gérè le retraites, allocations, etc] de Mar del Plata [la Nice argentine],les travailleurs de l’organisme ont assuré que ce fait « met en avant la triste réalité que traversent les retraités de tout le pays » et ils ont appelé à une grève nationale pour aujourd’hui.

Tema del día. 30 juin 2017.

* *

L’Indec a présenté des indicateurs de répartition du revenu en chute libre

L’inégalité croît comme une mauvaise herbe

L’organisme officiel a de nouveau publié le coefficient de Gini  [1], qui révèle les degrés d’équité dans une société. Les résultats confirment une tendance à la détérioration, qui a commencé en 2016, pour les plus faibles revenus.

Le coefficient de Gini, est un indicateur qui signifie que plus il est proche de « 1 », plus l’inégalité dans la distribution des richesses d’un pays est grande. Il était de 0,437 point au cours du premier trimestre 2017. L’arrêt de la publication des statistiques de l’Indec [INSEE argentin] par le gouvernement Macri empêche la comparaison interannuelle. Donc le chiffre publié hier représente un recul de la distribution par rapport au niveau de 2011 alors qu’il était 0,434 point. Les éléments disponibles pour la même période de 2015 alors qu’il était à 0,420,montrent une tendance à la détérioration dans la « répartition de bénéfices » accompagnée par l’accélération de l’inflation, les augmentations des tarifs des services publics, la dégradation du taux de change, les remises sur les rétentions et l’augmentation du chômage de salariés expérimentés tout au long de l’année dernière. L’autorité en charge des statistiques a publié dans son rapport [Fichier joint plus bas en espagnol] les données correspondantes au deuxième, troisième et quatrième trimestre 2016. Au deuxième trimestre de l’année passée l’indicateur est arrivé à 0,427 point quand un an avant il était 0,410 point. Le pic dans la détérioration de la distribution est s’est produit au troisième trimestre, quand le coefficient de Gini a afficé 0,451 point, le niveau le plus élevé des sept dernières années pour cette période de l’année.

Les éléments diffusés par l’Indec sous forme de Rapport Technique en remplacement des tableaux statistiques publiés depuis le deuxième trimestre de l’année dernière révèlent que l’écart entre le revenu moyen des 10 % des familles les plus pauvres et des 10 % des plus riches était de 21,8 fois au premier trimestre de 2017. Il n’est pas non plus possible de comparer avec l’année précédente à la même période, mais entre janvier et mars 2015, la différence indiquée par l’Indec était de 17,8 fois. Malgré l’impossibilité de réaliser des comparaisons interannuelles et de s’interroger sur les chiffres, les données rendent compte de l’élargissement de l’écart de distribution depuis que le gouvernement de Mauricio Macri est au pouvoir. Au deuxième trimestre de 2015, l’écart entre les revenus des foyers du premier et du dernier décile [2]] était de 16,5 fois tandis que l’an dernier à la même période il s’est élevé à 18,9 fois. Au troisième trimestre de 2016 la différence de revenus entre les extrémités a atteint un pic de 21,7 fois et pendant la période octobre-décembre s’est situé à 18,7 fois.

L’équipe d’investigation Cifra composée de Mariano Barrera, Mariana González et Pablo Manzanell a signalé que pendant « la première année du gouvernement de l’alliance Cambiemos,on a avancé vers un processus régressif dans la répartition du revenu qui a dérivé dans un transfert du travail au capital d’environ 16 000 millions de dollars, produit de la chute de la participation des travailleurs dans le revenu national de 37,4 à 34,3 % entre 2015 et 2016 ».

Ce processus s’explique par :

  • La dévaluation de la monnaie,
  • L’élimination des droits d’exportation,
  • La hausse des prix des services publics
  • La politique monétaire restrictive.

L’impact de ces mesures n’a pas affecté les conditions de vie de tous les foyers de la même façon : les plus touchés ont été ceux ayant de faibles revenus ce qui a élargi la l’écart de distribution.

Les données publiées hier montrent que le dixième décile,c’est-à-dire le segment où se situent les familles les plus riches, s’est approprié 31,6 % des revenus tandis que le premier décile, correspondant aux secteurs les plus vulnérables, en à peine rassemblé 1,4 %..Pour éviter les imprécisions liées aux données sur extrémes de l’Enquête Permanente de Foyers de l’INDEC,on peut étudier les comparaisons entre le deuxième et le neuvième décile. Tandis que les premiers ont reçu 3,4 % du revenu, les autres en ont capté 16,7 %. Un autre chiffre qui rend compte de la concentration de la distribution est que 10 % des familles les plus riches concentrent un niveau de revenu supérieur à celui de 60 % de la population aux revenus plus faibles. Dans la ville de Buenos Aires, on a observé une dynamique similaire. Pendant la première année de gestion de Horacio Rodríguez Larreta, les différences entre les revenus réels des foyers de Buenos Aires les plus pauvres et les plus riches, ainsi que l’écart entre le nord et le sud du district, ont été amplifiées.

Traduit de l’espagnol pour El Correo de la Diaspora par : : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo de la Diaspora d’après Página 12. París, 30 de junio de 2017

Complément d’information :

Les écarts de revenus entre les pauvres et les riches continuent d’augmenter en France

15 décembre 2016 - Depuis une vingtaine d’années, les inégalités de revenus augmentent. Les années 2010 sont marquées par une baisse du niveau de vie des plus pauvres. Un changement profond (…) Lire la suite

Contrat Creative Commons
Cette création par http://www.elcorreo.eu.org est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported. Basée sur une œuvre de www.elcorreo.eu.org.

Notes

[1Le coefficient de Gini est une mesure statistique de la dispersion d’une distribution dans une population donnée, développée par le statisticien italien Corrado Gini. Le coefficient de Gini est un nombre variant de 0 à 1, où « 0 » signifie l’égalité parfaite et « 1 » signifie une inégalité parfaite de la distribution des revenus dans un pays

[2En statistique descriptive, un décile est chacune des 9 valeurs qui divisent un jeu de données, triées selon une relation d’ordre, en 10 parts égales, de sorte que chaque partie représente 1/10 de l’échantillon de population

Répondre à cet article

Retour en haut de la page

El Correo

|

Patte blanche

|

Plan du site

| |

création réalisation : visual-id