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1er juillet 2014

L’Argentine dans le jeu des BRICS

par Fabiana Frayssinet *

 

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L’invitation du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud reçu par l’Argentine pour participer à leur prochain sommet est une reconnaissance pour les gouvernements des Kirchner qui ont rompu avec les dictats des États-Unis d’Amérique et du FMI. Avec une politique semblable à celle du Brésil, l’Argentine est sortie de l’une des crises les plus profondes qu’elle a du affronter. A voir, si la nation sudaméricaine intègrera pleinement le BRICS

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Tandis que l’Argentine commence à faire la paix avec les marchés financiers internationaux, les puissances émergentes du BRICS l’ont invitée à leur prochain sommet. Ce qui pourrait être un pas vers sa réinsertion sur la carte mondiale, après l’ostracisme vécu à cause de la suspension des paiements de 2001.

La lettre « A », une initiale de ce pays du Cône Sudaméricain ne fait pas partie pas, du moins pour l’instant, du sigle BRICS, formé par les initiales du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud, mais à Buenos Aires nombreux sont ceux spéculent aurour du BRICSA, ABRICS ou BRICAS.

L’invitation la présidente Cristina Fernández à participer au sixième sommet du groupe, qui se tiendra le 14, 15 et 16 juillet dans la ville brésilienne de Fortaleza, est perçue comme un clin d’oeil de plus à son intégration après que l’Inde ait révélé son intérêt, ainsi que celui du Brésil et de l’Afrique du Sud, d’incorporer la troisième économie latinoaméricaine.

« C’est une donnée significative pour l’Argentine », a déclaré l’économiste de l’Université de Buenos Aires (UBA) Fernanda Vallejos.

Cela « signifie non seulement la reconnaissance du reste des membres sur l’importance et la potentialité de l’Argentine, mais une porte ouverte pour un renforcement dans le domaine politique et économique de notre pays dans le concert international », a-t-elle souligné.

Vallejos a remarqué le rôle principal du BRICS pendant la dernière décennie dans la croissance de l’économie mondiale, dans un contexte de crise financière pour le Nord industriel.

BRICS a été le nom par lequel en 2001 l’économiste Jim O’Neill, de Goldman Sachs a baptisé les plus grands marchés émergents. Dans l’ensemble, ils représentent environ un quart du produit interne brut mondial, 43 % de la population de la planète et 20 % de l’investissement global. De plus, comme l’a souligné le ministère des affaires extérieures argentin, ces pays rassemblent 45 % de la force de travail de la planète, plus de 3 000 billions (des millions de millions) de dollars de réserves monétaires internationales et une production agricole de 2 000 millions de tonnes par an.

Dans un monde marqué par les blocs, expose Vallejos, le groupe BRICS a un écho croissant dans les forums internationaux, où « ils réclament une participation en accord avec le poids de leurs économies ».

« La proposition de l’Inde, avec qui le commerce bilatéral a été augmenté à 30 % interannuel pendant 2013, validée par le Brésil et l’Afrique du Sud, jette certainement par terre, le refrain de l’opposition interne à propos d’un isolement supposé de notre pays dans le monde », affirme Vallejos, également chercheuse de l’Observatoire de l’Énergie, de la Technologie et de l’Infrastructure pour le Développement.

L’invitation formelle à Cristina Fernández Kirchner a été suivie par la Russie, qui a aussi confirmé ainsi son appui.

« Je crois que cela démontre que l’Argentine est pleinement insérée dans les relations internationales, non ‘isolée du monde’. Seulement elle ne s’adapte pas aux politiques des pays centraux à n’importe quel prix et n’importe quelle circonstance, comme dans d’autres moments de son histoire », a souligné le politologue Nicolás Tereschuk, aussi de l’UBA.

L’invitation reçu par l’Argentine du BRICS a coïncidé presque avec l’annonce, le 28 mai, de l’accord signé entre le gouvernement de Cristina Fernández de Kirchner et le Club de Paris, auquel le pays devait 9, 700 milliards de dollars, depuis le moratoire des paiements (defaut) d’il y a 13 ans .

Des secteurs politiques argentins estiment illégitime cette dette avec des créanciers officiels, pour avoir en majorité contactée pendant la dictature militaire (1976-1983). Mais le gouvernement centregauche de Fernández de Kirchner attend que l’accord facilite le retour du financement et de l’invetissement international.

Pour l’économiste Diego Coatz, cet accord et d’autres mesures adoptées par le gouvernement comme celle d’"améliorer" ses statistiques publiques, cmise en cause par le Fonds monétaire international (FMI), met en évidence un « virage » des autorités destiné à « recommencer à s’intégrer au monde en matière financière » et à « positionner positivement internationalement ».

Dans ce contexte, Coatz, membre du Centre d’Études de l’Union Industrielle l’Argentine, situe le rapprochement au BRICS.

L’intégration permettrait que l’Argentine « recommence à apparaître comme pays émergent en voie de développement avec un fort potentiel », a-t-il expliqué. Cela représenterait aussi une nouvelle fenêtre de financement externe, quand on cherche à capter des devises et à attirer des investissements.

Le groupe projette la création d’une banque de Développement régional, alternative aux organismes comme le FMI, la Banque mondiale ou la banque Interaméricaine de Développement, qui prendre forme au sommet de Fortaleza.

La banque disposerait d’un fond de 50 000 millions de dollars pour financer des infrastructures dans ses pays. De plus elle établirait un fond de réserves communes de 100 000 millions de dollars, qui « servirait de sécurité devant volatilité des marchés », selon Vallejos.

« L’Argentine pourrait acceder à un financement à des taux très avantageux par rapport aux intérêts onéreux que d’autres organisations internationales exigent et financer ainsi une infrastructure pour son développement » poursuit-il.

« L’approfondissement du commerce international à partir d’une entrée potentielle au BRICS signifie des possibilités importantes pour l’Argentine pour avancer dans la consolidation d’un profil industriel de plus grand développement, avec une nsertion dans des chaînes globales, un développement des secteurs stratégiques et une industrialisation de la ruralité », signale Vallejos.

Mais l’intérêt serait réciproque de la part des pays du BRICS.

« L’invitation arrive après les turbulences sur les marchés émergents au début de cette année, où la presse de l’’establishment’ financier international a parlé d’une ’décadence’ des BRICS », analyse Tereschuk.

De plus, « la Chine grandira à un rythme un peu plus faible , l’Inde est à un moment décisif, avec l’alternative de croissance plus accélérée ou de stabilité et l’économie brésilienne n’est pas dans un moment si fleurissant », a dit l’économiste.

Aussi pour eux et les autres membres du bloc « s’unir à un pays de la périphérie qui fait partie du G-20 (le Groupe de 20) semble une décision intéressante des BRICSs ».

De son coté, le G-20, formé par des économies industrielles et émergentes, « est dans une certaine crise aussi, à cause de la crise dans laquelle sont immergés les pays centraux ».

C’est pourquoi selon Tereschuk, l’Argentine servirait au BRICS pour « pour faire entendre à l’unisson » la voix de ses deux leaders sudaméricains, Argentine et Brésil, « dans la plus grande quantité de lieux possibles ».

Pour le politologue, il s’agit de deux pays qui ont mené « un virage à gauche », avec « croissance, réduction de la pauvreté et de l’inégalité dans un cadre démocratique et avec plus de droits politiques, civils et sociaux pour ses citoyenss ».

« Toutes ces caractéristiques - ensemble – d’ autres membres du BRICS ne peuvent les montrer », réfléchit-il.

Vallejos souligne , de son coté, le rôle de l’Argentine comme fournisseur de matières premières.

« Nous sommes une puissance en matière agricole », rappelle t-il . De plus, l’Argentine « compte avec la deuxième réserve mondiale de lithium, l’une des principales d’ or métallique, avec presque 10 000 tonnes, 500 millions de tonnes de cuivre, 300 000 d’argent métallique, au moment où nous nous projetons comme troisième exportateur mondial de potassium », énumère t-il.

« Nous sommes arrêtés sur la troisième plate-forme mondiale en matière d’ hydrocarbure non conventionnel. Et à cela il faut additionner le développement technologique, le développement nucléaire à usages pacifiques », a-t-il ajouté.

« BRICAS« , « ABRICS« , « BRICSA«  ? Ce qui est dans un jeu est quelque chose de plus que la définition d’un nouveau sigle.

Fabiana Frayssinet para IPS

IPS. Buenos Aires, 4 juin 2014.

Traduit de l’espagnol pour El Correopar : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo. Paris, le 1er juillet 2014.

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