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2 janvier 2003

Hugo Chavez résiste toujours, après un mois de grève au Venezuela

 

Ni les fêtes de fin d’année, ni les évaluations catastrophiques de l’impact économique de la grève, ni les difficultés de l’approvisionnement en essence et en aliments n’ont jusqu’à présent freiné la détermination de l’opposition.

Par Marie Delcas
Caracas, envoyée spéciale

Au Venezuela, Hugo Chavez résiste, et l’opposition persiste. Un mois exactement après le début d’une grève politique visant à obtenir le départ du chef de l’Etat, celui-ci ne donne aucun signe de fléchissement.

Sûr de lui - et apparemment de son armée -, Hugo Chavez a même fait le voyage de Brasilia pour assister aux cérémonies d’in- vestiture du nouveau président brésilien, Luiz Inacio da Silva, dit "Lula", considéré comme un ami et un allié. Hugo Chavez y a réaffirmé qu’une guerre civile n’était pas à craindre. "Le Venezuela n’est pas paralysé par la grève. Il s’agit simplement d’une élite patronale et syndicale corrompue qui tente un nouveau coup d’Etat déguisé en grève générale, mais nous les battrons cette fois encore", a-t-il déclaré à la presse, faisant allusion à la tentative avortée de putsch du 11 avril 2002.

En remerciant le Brésil - qui, il y a quelques jours, a livré 520 000 barils d’essence au Venezuela -, Hugo Chavez a affirmé que la compagnie pétrolière brésilienne Petrobras "s’est engagée à continuer de nous aider, y compris en fournissant du personnel technique pétrolier". Le gouvernement, qui veut briser la grève au sein de l’entreprise étatique PDVSA, affirme que la normalisation des activités pétrolières est en cours, ce que démentent formellement les leaders de l’opposition.

BALLON D’OXYGÈNE

L’arrivée de Lula au pouvoir représentera-t-elle un ballon d’oxygène pour Hugo Chavez, comme semblent le craindre, en privé, certains représentants de l’opposition ? "La marge de manœuvre de Lula pourrait être plus réduite que celle de Fernando Henrique Cardoso, avec qui nous avons toujours maintenu d’excellentes relations", rappelle un haut fonctionnaire de M. Chavez, qui ajoute, souriant : "Mais, avec Lula au pouvoir, le discours de l’opposition, qui veut faire de Chavez la brebis galeuse du continent, sera de moins en moins crédible." Les détracteurs du chef de l’Etat vénézuélien l’accusent d’avoir mené le pays sur la voie d’une "dictature castro-communiste" et d’avoir monté les Vénézuéliens les uns contre les autres.

Ni les fêtes de fin d’année, ni les évaluations catastrophiques de l’impact économique de la grève, ni les difficultés de l’approvisionnement en essence et en aliments n’ont jusqu’à présent freiné la détermination de l’opposition. En début de semaine, Carlos Ortega, président de la Confédération des travailleurs vénézuéliens, a annoncé que "la grève continuera jusqu’à ses ultimes conséquences".

Le soir du réveillon, quelques dizaines de milliers d’opposants ont fait la fête dans les rues de Caracas. Mais, pour la première fois, mercredi soir, Amerigo Martin, l’un des responsables de la Coordination démocratique - qui regroupe partis et associations d’opposition -, envisageait la possibilité d’une reprise partielle des activités : "La grève commerciale" pourrait être levée mais non la "grève pétrolière", a expliqué le dirigeant politique, en suggérant d’intensifier "la désobéissance civile" contre le gouvernement.

Quoi qu’en disent ses organisateurs, relayés par les grands médias privés, la grève n’a jamais été générale. Outre le secteur pétrolier, pilier de l’économie nationale, seule l’industrie et le commerce de luxe sont vraiment touchés. A Caracas, au gré des arrivages d’essence, les queues de voitures devant les stations-service s’allongent ou raccourcissent : "La semaine dernière, j’ai dû attendre neuf heures, mais, hier, j’ai eu de l’essence en deux heures", explique un automobiliste.

Grève ou pas, nombre de Vénézuéliens sont partis à la plage et, le 1er janvier au soir, il y avait des embouteillages à l’entrée de la capitale. "Sans grève des transports, il n’y a pas de grève générale qui vaille", explique Alfonso, un chauffeur de taxi, désormais convaincu que Hugo Chavez va s’en sortir "avec l’aide de Lula".

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