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24 octobre 2010

G 20 : Enseignement argentin sur le FMI pour des peuples souverains.

par Leovani Garcia Olivarez

 

Toutes les versions de cet article : [Español] [français]

Nous publions les déclarations du ministre de l’Économie, Amado Boudou, et celles de la Présidente de la Banque Centrale, Mercedes Marco del Pont, à la suite du récente sommet du Fonds monétaire international. Elles ont été publiées il y a quelques jours par le quotidien Tiempo Argentino, de Buenos Aires.

Après la clôture de l’assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI), qui s’est récemment tenue à Washington, Tiempo Argentino s’est entretenu avec le ministre de l’Économie, Amado Boudou, avant sa rencontre avec Nicolás Eyzaguirre, responsable de la zone latinoaméricaine du FMI, et avec John Lipsky, numéro deux de l’organisme.

Que pensez-vous des conclusions de l’assemblée, dans lesquelles on prie instamment les membres de remplir leurs obligations en vertu de « l ’Article IV » ?

C’est une question de forme qui ressort chaque année. Le sens que certains ont tenté de lui donner est absurde. En revanche, il y a quelque chose qui, oui, a changé c’est l’item sur le flux de capitaux, qui n’y était pas auparavant, mais ce n’est pas le problème de l’Argentine mais de la Chine et des États-Unis.

Il semble que la réforme du FMI a du plomb dans l’aile. Quelle relation pensez-vous que l’Argentine aura avec un FMI dont la politique demeure inaltérable ?

L’Argentine va continuer de plaider pour la restructuration. Ici, c’est clair que le FMI est un organisme discrédité, qui ne parvient pas à la transformation nécessaire. Dominique Strauss-Kahn a mentionné l’importance de la croissance si elle génère de l’emploi, nous partageons cela. La question est comment de façon opérationnelle on y parvient. Si non, c’est une déclaration d’intentions et l’important est que le FMI et le Banque mondiale (BM) soient des instruments pour le développement des pays. Alors ce dont nous avons besoin est qu’ils soient ouverts à de nouvelles visions de la politique, qu’ils ne soient pas des simples reproducteurs du Consensus de Washington, qui est déjà dépassé, qui a déjà démontré qu’il ne sert pas au monde. De plus, qui a généré l’une des pires crises de l’histoire. Nous avons besoin d’organismes multilatéraux avec une vision plus plurielle, avec des points de vue distincts, surtout dans la gestion.

Tous les grands sujets de cette assemblée ont été abordés pour la prochaine réunion du G-20. Quel va être la position argentine ?

Pourquoi sont ils abordés ? Parce qu’il y a un problème sérieux sur la question de ce qu’on appelle la « guerre de monnaies » : l’euro, le dollar, le yen. Existe une quête désespérée des pays industrialisés pour que le reste de pays, nous, réévaluions nos monnaies. Nous ne sommes pas d’accord avec cela parce que c’est une manière pour qu’ils exportent leur crise de l’emploi à travers le système commercial à nos pays. Mais nos pays ont démontré qu’ils ont fait un grand effort et un grand travail pour continuer de fonctionner. Ce qui va être abordé dans la discussion lors du G-20 c’est le sujet de la valeur des monnaies et des flux de capitaux entre les pays.

Par où passe la capacité de l’Argentine de s’isoler d’une guerre de monnaies au cas où ses principaux partenaires commerciaux y soient impliqués ?

Pour commencer, par le contrôle des capitaux. Un contrôle des entrées de dollars spéculatifs. En travaillant avec force avec le Brésil pour faire du commerce en monnaie locale, et aujourd’hui nous soutenons la proposition pour toute la région d’augmenter le commerce intra sectoriel et qu’il soit en monnaie locale. Le Brésil commence à faire de même avec l’Uruguay. Nous allons avancer dans l’accord avec le Venezuela. Nous proposons que cela soit aussi réalisé avec le Paraguay. C’est une occasion spectaculaire pour les réformes pro Amérique Latine. Le processus d’industrialisation va permettre que le commerce intra Amérique Latine, pas seulement dans le Mercosur, soit l’une des clés de croissance, de développement et de génération d’emploi.

Cette réunion du FMI s’est terminée avec plus de problèmes non résolus et avec plus de désespoir que les précédentes. Prévoyez-vous qu’il puisse y avoir des changements dans l’économie mondiale et le commerce international qui puissent modifier les règles de croissance de l’Argentine ?

La perspective de tout ce qui arrive donne de grandes opportunités à l’Argentine. La demande de produits par les pays asiatiques, spécialement la Chine, est une donnée très importante. Mais le plus important, c’est qu’est entrain de faire l’Argentine, elle même. Cette demande ne servirait à rien si nous n’ajoutons pas de la valeur, si nous ne créons pas de postes de travail, si nous ne nous impliquons pas dans la réindustralisation du pays. Si ce n’était pas le cas, ce serait seulement une question de demande externe. Le fait de générer un marché interne toutes ces années est le produit des politiques économiques.

Vous avez dit qu’il n’y aura pas de paiement comptant au Club de Paris. En cas d’accord : quel type de paiement seriez-vous disposé à accepter pour l’Argentine ?

Nous souhaitons qu’il y ait une refonte de cette dette, mais que toutes les questions soient prises en compte. Une analyse de ce que l’Argentine met en jeu, les incitations fiscales, promotion de l’activité économique aux investisseurs étrangers. Nous cherchons une vision moins étroite. Il ne faut pas oublier sur le Club de Paris, que la dette commerciale est devenue une dette financière. Et alors le traitement est très différent. Nous voulons que le commercial recommence à pris en compte au moment d’analyser ce problème.

Le FMI approuve-t-il que l’Argentine remet une information économique au G-20 sans qu’elle passe auparavant entre ses mains ?

C’est déjà fait de fait. La révision entre homologues existe, où nous envoyons aux pays en mars nos chiffres et cela s’est déroulé sans inconvénient.

Quelle est votre synthèse de ce voyage ?

Une expérience très positive. Nous continuons d’avancer au FMI et à la BM notre vision, et il me semble que la vision latinoaméricaine se consolide. Il y a une reconnaissance du travail qu’a fait la région, parce qu’en plus que c’est là que se trouvent les pays qui ont le plus eu de croissance, ils l’ont plus fait par volume, que par prix. Il y a eu des mouvements des taux de change, mais ce ne fut pas seulement le produit de monnaies sous-évalués mais de l’effort productif de la région.

Tiempo Argentino . Depuis Washington, le 10 Octobre 2010.

***
Complément de la Rédaction d’APM

Pour sa part, Mercedes Marcó del Pont a mis en cause les recettes du FMI pour dépasser la crise économique. Elle a assuré qu’ils cherchent à sauver leur pays centraux au moyen d’une appréciation dangereuse des monnaies des pays émergents.

La présidente de la banque Centrale de la République l’Argentine (BCRA) conteste les politiques que le FMI pousse actuellement pour que l’économie mondiale sorte de la paralysie dans laquelle elle se trouve. « Le FMI cherche à nous faire croire que les politiques qui ont été la cause de la crise vont faire maintenant partie de la solution ».

« Le FMI reconnaît maintenant que les pays émergents sont confrontés à l’entrée de capitaux financiers, mais en face de cette situation il suggère que ce soit le marché qui détermine le taux de change. En réalité, ce que veut imposer le FMI, est une appréciation du taux de change qui aurait comme conséquence que les pays développés exporteraient leur stagnation aux émergents », a-t-il soutenu Marco del Pont, et elle a ajouté que, cependant, « il y a un consensus parmi les pays en développement pour ne pas permettre que cela arrive ». [En gros : Les pays riches demandent une appréciation des monnaies locales des pays hypocritement appelés émergents, en développement pour que ceux-ci puissent importer davantage de produits venant des pays riches afin -entre autres basses mesquineries- de relancer l’emploi chez eux au détriment de l’emploi chez les autres. El Correo]

Pour la Présidente du BCRA, « dans les économies émergentes il y a une claire conscience du danger de l’appréciation du change et des risques que suppose l’entrée de capitaux de court terme ». Dans ce sens, elle a ajouté que « nous n’allons pas permettre que le monde [dit] ‘développé’ cherche à utiliser nos dynamiques marchés internes comme planche de salut ».

Marco de Pont a souligné en plus, « l’importance et l’opportunité », de la décision de la présidente Cristina Fernández de maintenir le contrôle sur l’entrée de capitaux financiers qui est en vigueur en Argentine, faisant la sourde oreille à la demande de plusieurs acteurs du marché qui demandaient sa levée. La Présidente de la BCRA a particulièrement analysé cette question avec son collège brésilien Henrique Meirelles. « Il y a quelques mois l’Argentine avançait seule sur ces sujets, et maintenant il y a de plus en plus une homogénéité dans la perception des risques que suppose le mouvement de capitaux spéculatifs », a-t-elle conclu.

APM . Buenos Aires, le 16 Octobre 2010

Traduction libre de l’espagnol pour El Correo de : Estelle et Carlos Debiasi

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