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17 janvier 2003

Enfin les nord-américains gobent moins des bobards

Les pacifistes se mobilisent

 

L’opposition à une guerre contre l’Irak prend de l’ampleur en Amérique du Nord et devrait connaître un temps fort samedi alors que plus de 100 000 protestataires sont attendus à Washington et que des manifestations similaires se tiendront dans une trentaine de villes canadiennes.

Par Martin Vallières
La Presse, Washington
Avec la collaboration de la Presse Canadienne.

« Je suis fier comme Américain que mon fils soit pilote d’hélicoptère avec les marines. Mais je ne suis pas d’accord avec son commandant en chef et ses plans de guerre en Irak », a dit le dirigeant d’une nouvelle organisation de parents de soldats, lors d’une conférence de presse hier à Washington.

Lundi, des dizaines d’élèves d’une école secondaire dans un quartier aisé de la capitale avaient séché leurs cours en matinée pour manifester contre la guerre en Irak. « On veut des livres, pas des fusils », « Bombarder l’Irak, c’est passé date depuis 10 ans », disaient des pancartes que ces adolescents brandissaient bruyamment à la sortie de la station de métro près de leur école, sous l’oeil bienveillant de quelques professeurs et parents.

À première vue, ces actions d’opposition à une offensive militaire des États-Unis en Irak ne semblent pas peser lourd face au battage médiatique de propos guerriers émanant de Washington.

Ces actions locales échappent encore à l’écran radar des grands médias, qui s’en tiennent aux manifestations de grande envergure comme celle annoncée pour le week-end prochain à Washington, ainsi que dans une trentaine de villes canadiennes.

N’empêche, ces petites interventions contre la guerre de la part de citoyens ordinaires se multiplient un peu partout aux États-Unis, à un rythme que des militants pacifistes de longue date décrivent comme inégalé depuis l’époque de la guerre au Vietnam, il y a 35 ans.

« Une grosse différence cette fois-ci, c’est que ces actions d’opposition à une autre guerre en Irak s’organisent avant même le déclenchement des hostilités, de façon spontanée comme celle de quelques voisins avec des pancartes à un coin de rue. Aussi, ces actions impliquent des gens de toutes les générations, au lieu d’être concentrées parmi les jeunes comme à l’époque du Vietnam », a indiqué Nancy Lessin, permanente syndicale de Lowell, au Massachusetts, et militante antiguerre depuis le Vietnam.

Mme Lessin était au prestigieux National Press Club de Washington, hier, pour la conférence de presse de deux récentes organisations qui s’opposent à une prochaine guerre en Irak : « Veterans for Common Sense » et « Military Families Speak Out ».

Mère d’un soldat de 26 ans récemment envoyé dans la région du golfe Persique, Nancy Lessin a témoigné d’une voix chargée d’émotion.

« Ceux qui parlent le plus à Washington en faveur d’une autre guerre en Irak sont aussi ceux qui n’iront nulle part durant les hostilités. Ce sont les fils et les filles d’autres Américains, résidant ailleurs aux États-Unis, qui feront la guerre. »

Nancy Lessin faisait partie d’un groupe d’une dizaine de personnes, dont quelques vétérans de la première guerre contre l’Irak en 1991. Ils ont critiqué hier l’empressement de l’administration Bush à mobiliser des milliers de jeunes soldats pour une offensive qu’elle n’aurait pas réussi à justifier clairement.

Le même argument a été repris récemment par des groupes de citoyens opposés à la guerre en Irak. Des gens d’affaires qui se déclarent d’allégeance républicaine ont notamment acheté une page de publicité dans le Wall Street Journal, le plus influent média financier aux États-Unis, pour exprimer leur dissidence.

« Nous avons appuyé la guerre du Golfe de 1991. Nous avons appuyé la guerre en Afghanistan. Nous acceptons l’idée d’une guerre justifiée. Toutefois, M. le président, votre guerre en Irak ne passe pas le test, lisait-on dans la publicité.

« Nous vous avons appuyé en 2000 avec nos votes et nos contributions financières, alors que vous promettiez d’être humble face au reste du monde. Mais nous nous sentons trahis. Nous voulons être remboursés. Nous voulons qu’on nous rende notre pays. »

D’autre part, une organisation d’élus municipaux qui sont opposés à la guerre, « Cities for Peace », a multiplié ses efforts récemment pour faire adopter des résolutions contre la guerre en Irak dans des dizaines de villes de diverses tailles, dans l’ensemble des États-Unis.

Ce week-end, plus de 100 000 personnes sont attendues à Washington lors de deux jours de manifestations contre la guerre en Irak : autour de l’imposant édifice du Congrès, samedi, et autour de la Maison-Blanche, dimanche.

L’événement est coordonné par la coalition ANSWER (Act Now to Stop War and End Racism). Elle avait organisé la grosse manifestation d’octobre dernier qui a attiré plusieurs dizaines de milliers de marcheurs pour la paix autour de la Maison-Blanche.

Cet événement avait été décrit comme le plus gros rassemblement pacifiste dans la capitale des États-Unis depuis ceux organisés lors de la guerre du Vietnam.

Les dirigeants d’ANSWER prévoient réunir encore plus de monde en fin de semaine, d’autant qu’il s’agira du week-end férié à la mémoire de Martin Luther King, figure de proue de la communauté noire et du mouvement pacifiste des années 60.

Aujourd’hui et demain, au moins 220 organisations réparties dans 45 États mettent la dernière main à leurs préparatifs de voyage vers la capitale. On signale aussi que des organisations étudiantes dans quelque 400 universités et collèges d’un peu partout aux États-Unis se sont mobilisées pour envoyer des manifestants à Washington.

Au Canada, divers groupes affiliés au « Collectif Échec à la guerre » préparent aussi pour samedi des manifestations contre la guerre en Irak dans une trentaine de villes, dont Montréal et Québec.

En conférence de presse hier, l’ex-ministre libéral fédéral, Warren Allmand, a déclaré sans ambages que « la manifestation vise à faire comprendre au gouvernement Chrétien que la population canadienne refuse de participer à l’action militaire des États-Unis contre l’Irak, qui constituerait un retour à la loi de la jungle ».

Pour sa part, le porte-parole de l’archevêque de Montréal, Jean-Claude Turcotte, n’y est pas allé par quatre chemins. « Nous nous joignons au Collectif Échec à la guerre pour dénoncer avec force la déclaration récente du ministre de la Défense, John McCallum, selon laquelle le Canada pourrait s’engager dans une guerre contre l’Irak, aux côtés des États-Unis, même sans l’appui du Conseil de sécurité de l’ONU », a lancé Brian McDonough, directeur de l’Office de la pastorale sociale de l’archevêché de Montréal.

« Nous demandons au gouvernement canadien de résister et de dénoncer les pressions politiques et économiques venant des interventionnistes radicaux qui dominent l’administration Bush », a-t-il ajouté.

« Nous sommes à l’aube d’une guerre des pays industrialisés contre l’Irak et nous croyons qu’il est important de mobiliser la population du Québec et du Canada aux dangers de cette guerre sur la population civile de l’Irak déjà exténuée par plus de 12 ans d’embargo », a soutenu M. McDonough.

Au Québec, les manifestations se tiendront à Québec et Montréal. Il y en aura une à Saint-Jean, Terre-Neuve ; à Halifax et Truro, en Nouvelle-Écosse ; à Fredericton et Sackville au Nouveau-Brunswick ; dans neuf villes ontariennes, dont Ottawa et Toronto ; à Winnipeg ; dans deux villes de la Saskatchewan ; dans trois villes de l’Alberta et huit de la Colombie-Britannique.

Les cancers ont sextuplé en Irak depuis la guerre du Golfe

Agence France-Presse
Bagdad, lundi 13 janvier 2003
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Le ministre irakien de la Santé a affirmé que le nombre des cas de cancer en Irak avait sextuplé depuis la guerre du Golfe (1991) en raison de l’utilisation de munitions radioactives par les États-Unis, rapporte un quotidien irakien.

« Le taux de cas de cancers a été multiplié par plus de six par rapport au taux normal », a affirmé Oumid Medhat Moubarak, cité par le quotidien Al-Joumhouriya.

« Ceci est un indice de la gravité de la situation », notamment « avec la poursuite des agressions (américano-britanniques) et l’interdiction de l’importation de plusieurs médicaments et équipements médicaux » faisant l’objet de contrats dans le cadre du programme « pétrole contre nourriture », a ajouté le ministre.

M. Moubarak a appelé « les organisations internationales concernées par les questions de l’environnement à assumer leurs responsabilités morales et juridiques à l’égard de la poursuite de l’embargo », imposé à l’Irak depuis son invasion du Koweit, en août 1990.

L’Irak accuse Washington et Londres d’avoir utilisé des munitions contenant de l’uranium appauvri contre le sud du pays durant la guerre du Golfe et lie ce fait à des taux élevés de prévalence de cancer, notamment chez des enfants.

Cyberpresse

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