recherche

Accueil > Les Cousins > Équateur > Duel serré dans les élections présidentielles en Equateur dans un climat de (...)

26 novembre 2006

Duel serré dans les élections présidentielles en Equateur dans un climat de nervosité et suspicion.

 

Par Philippe Zygel
Guayaquil. Le vendredi 24 novembre 2006

JPEG - 7 ko
Rafael Correa

Un climat de suspicion régnait à quelques heures du second tour de la présidentielle de dimanche en Equateur où le magnat de droite Alvaro Noboa et l’économiste anti-américain Rafael Correa, au coude à coude dans les sondages, ont appelé à empêcher la fraude électorale.

La nervosité était particulièrement palpable à Guayaquil (sud), à la fois la ville la plus peuplée d’Equateur et capitale économique, dont le réservoir de voix suscite la convoitise.

Dans ce berceau familial de Noboa, chef-lieu de la province de Guayas, les états-majors des deux candidats multiplient les réunions afin de « former » leurs délégués à déceler les irrégularités dans les bureaux de vote.

« Au premier tour, nous n’avons pas pu empêcher la fraude de nous voler la victoire, cette fois nous serons prêts », assure à l’AFP Antonio Gagliardo, avocat de 63 ans, chef de la campagne de Correa dans la province de Guayas.

« Nous exigeons des représentants de Correa dans la salle informatique du TSE pour pouvoir décompter les votes », a indiqué M. Gagliardo, exhortant ses troupes à « surveiller les opérations du début à la fin ».

Les militants étaient notamment invités à « escorter » les soldats chargés d’acheminer les urnes auprès des instances régionales du tribunal suprême électoral (TSE).

Selon eux, le TSE est manipulé par les proches de Noboa à l’image du cousin germain qui en préside l’instance régionale, dotée d’une direction collégiale, à Guayaquil.

Mettant en doute l’impartialité des observateurs internationaux, les partisans de Correa accusent les grands médias, notamment les chaînes de télévision, d’être « liés » à son adversaire, magnat de la banane qui possède une centaine d’entreprises.

Egalement avocat, le responsable de la campagne de Noboa à Guayaquil, Carlos Soria Cabrera, 31 ans, se déclare de son côté convaincu d’obtenir une « large victoire » et appelle l’armée à « faire régner l’ordre » au cas où les partisans de Correa décideraient de « contester le verdict des urnes dans la rue ».

L’Organisation des États-Américain (OEA), qui a envoyé une mission d’observation, a souhaité vendredi que « les candidats et les Equatoriens respectent avec calme le résultat » quel qu’il soit.

Lors du premier tour de la campagne, des images enregistrées par une caméra cachée et retransmises à la télévision ont fait scandale en montrant des personnes en train d’influencer les électeurs dans des isoloirs dépourvus de rideaux.

« Je ne pourrai pas supporter qu’un type comme Noboa nous vole la victoire après avoir acheté les gens en distribuant des billets autour de lui », avertit à l’AFP Julio Hidalgo, technicien de 39 ans, devant une permanence de Correa.

Le duel entre ces deux hommes aux programmes radicalement opposés s’annonce serré, à l’issue d’une campagne agitée durant laquelle les camps rivaux n’ont cessé de s’échanger insultes et accusations, tout en rivalisant de promesses.

Ex-ministre de l’Economie, Rafael Correa, ami du Vénézuélien Hugo Chavez, a repris un léger avantage sur son adversaire avec 52% de votes contre 48%, selon un sondage publié vendredi avec une marge d’erreur de 3% par l’institut Cedatos-Galup.

L’enquête souligne en outre que 1,5 millions d’Equatoriens, soit 17% de l’électorat, étaient encore indécis à la clôture officielle de la campagne, un grand facteur d’incertitude.

Contre toute attente, M. Noboa, 56 ans, l’homme le plus riche d’Equateur qui promet de réduire les relations diplomatiques avec Cuba et le Venezuela, est arrivé en tête, au premier tour du 16 octobre, avec 26,8% des voix contre 22,8% pour M. Correa, 43 ans, qui prône le retrait de la base américaine en Equateur et refuse de signer un traité de libre-échange (TLC) avec Washington.

Lors des meetings de clôture, Noboa a brandi jeudi le spectre de la « guerre civile » et du « communisme » alors que son concurrent dénonçait un risque de « fraude » massive.

Retour en haut de la page

El Correo

|

Patte blanche

|

Plan du site

| |

création réalisation : visual-id