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13 juillet 2010

Dialogue stratégique :
L’embargo à Cuba

par Michael Collins

 

Toutes les versions de cet article : [Español] [français]

Le Programme des Amériques a l’engagement de promouvoir la réflexion et le dialogue stratégique entre les acteurs de la société civile consacrés à des sujets concernant l’Amérique Latine et les Caraïbes. Avec ce but nous élaborons et nous présentons ces Dialogues Stratégiques qui synthétisent des points de vue distincts au sujet des problèmes urgents de l’hémisphère. Nous aurons le plaisir de recevoir vos réactions et commentaires, que nous remonterons à notre site Web, www.cipamericas.org et que nous ferons circuler dans nos bulletins électroniques en espagnol et en anglais. S’il vous plaît, faites entendre votre voix dans notre section de commentaires à la fin de ces articles.

Le Programme des Amériques a publié les nombreuses critiques sur l’embargo que les États-Unis ont imposé à Cuba, ainsi que des articles où sont analysées les politiques générales politiques des Etats-Unis en relation avec Cuba. Ceux qui participent au Programme continueront et approfondiront ces critiques. Avec l’intérêt de réveiller le dialogue stratégique et les idées sur l’avenir des relations des États-Unis avec Cuba, nous offrons divers résumés d’essais et de rapports récents, suivis de points spécifiques de discussion.

L’Embargo est Obsolète

Les critiques de la politique étasunienne vers Cuba affirment que le gouvernement des Etats-Unis. vit dans le passé et n’est pas sorti de la mentalité de la Guerre Froide pour ce qui est de l’embargo et de la politique cubaine comme un tout. Comme l’indique Wayne Smith, « initialement il a pu exister quelque logique dans les efforts des Etats-.Unis. pour isoler Cuba et pour renverser son gouvernement. C’est-à-dire à une époque où Fidel Castro essayait de renverser les dirigeants de plusieurs autres états latinoaméricains et établissait une relation avec l’Union soviétique, qui a conduit à la crise des missiles en 1962. Mais aujourd’hui tout cela est de l’histoire ancienne. Castro a construit des relations diplomatiques normales et pacifiques dans la région, et toute menace que pourrait poser la dite alliance cubano-soviétique est arrivée à sa fin avec la chute de l’Union Soviétique il y a plus d’une décennie. »

After 46 years of failure, we must change course on Cuba
(Après 46 ans d’échec, nous devons changer la politique au sujet de Cuba)
par Wayne Smith.
The Guardian, le 1er novembre 2006

L’Embargo a été un Échec

Plusieurs des critiques les plus virulents du gouvernement castriste reconnaissent que l’embargo n’a pas le résultat escompté et qu’il est temps maintenant, de réviser la politique des Etats-Unis relative à Cuba. « Après 47 ans, l’embargo unilatéral imposé à Cuba n’a pas atteint son intention manifeste d ‘apporter la démocratie au peuple cubain », tandis que le régime peut l’avoir utilisé comme tactique pour exiger plus de sacrifices à la population cubaine appauvrie. La politique actuelle des Etats-Unis à de nombreux défenseurs véhéments, et leur critique du régime de Castro est justifiée. Cependant, nous devons reconnaître l’inefficacité de notre politique actuelle et prévoir des traités avec le régime cubain de manière à favoriser les intérêts étasuniens.

Changing Cuba Policy –In the United States’ National Interest
(Changer la Politique envers Cuba … en faveur de l’Intérêt National des États-Unis)

PDF - 116.2 ko
CHANGING CUBA POLICY
IN THE UNITED STATES NATIONAL INTEREST

Rapport de Voyage du Comité sur les Relations Étrangères du Sénat d’E.U., le 23 février 2009.

Mettre fin à l’embargo ne bénéficierait pas aux citoyens cubains et étasuniens.

Bien que plusieurs estiment que l’économie U.S. bénéficierait du commerce de Cuba, Gordon C. Chang les contredit : « Encore si nous levions l’embargo, les successeurs de Castro ne permettraient pas que son économie fût envahie par des touristes, des investisseurs et des dirigeants d’entreprises étasuniens. Nous devons rappeler que la légitimité de Fidel se fonde en grande partie sur le fait d’avoir dispensé l’île d’exploiteurs étrangers et d’avoir créé un socialisme autochtone. Dans tout les cas, les dirigeants cubains permettraient seulement le commerce suffisant pour préserver leur régime comme Kim Jong-Il le fait actuellement, en Corée du Nord. C’est une fantaisie induite par Fukuyama de croire que l’histoire est arrivée à sa fin et que nous pouvons nous libérer des autocrates méprisables avec seulement des cartes de crédit et des contrats de transport. Les frères Castro, Fidel et son successeur Raúl, ont survécu à pratiquement tout pendant cinq décennies et ils ne pensent pas se rendre à la globalisation. L’embargo a aidé à tuer le communisme en Europe et il peut aussi en finir avec lui des Caraïbes. »

Defense of the Cuban Embargo
( Défense de l’Embargo à Cuba)
Par Gordon C. Chang
Commentary Magazine, le 20 février 2008.

L’embargo a aidé le gouvernement de Castro

Il y a ceux qui croient que la poursuite de l’embargo a aidé le gouvernement cubain. « Je crois qu’en fait, l’embargo a aidé le gouvernement castriste à rester au parce que nous évitons que le peuple cubain ou nous aidons à éviter que le peuple cubain obtienne l’information dont il a besoin. Nous n’avons pas pu faire du commerce avec eux, c’est ainsi qu’ils sont devenus plus dépendants du gouvernement. Mais je crois que ce qu’il pèse réellement maintenant c’est que le gouvernement cubain a appris à vivre sans nous. Et notre influence sur Cuba est déjà presque insignifiante. Et quand Raúl sera remplacé, nous n’aurons alors rien, absolument rien à dire. »

Weighing the Embargo against Cuba
(Des considérations sur l’Embargo contre Cuba)
L’Ambassadrice Vicki Huddleston (l’ex-Chef de la Section d’Intérêts des Etats-Unis. à Cuba)
NPR (National Public Radio), le 11 avril 2009

L’embargo est l’instrument unique de négociation qu’ont les Etats-Unis.

Certains croient que le gouvernement des États-Unis ne doit pas mettre fin à l’embargo sans recevoir quelque chose en échange : la liberté des détenus politiques, une presse plus libre, des élections, etc. Pour ceux-ci l’embargo est « la lettre de triomphe » du gouvernement des Etats-Unis et à la risquer elle perd sa possibilité de provoquer une transition vers la démocratie à Cuba. Comme Carlos Alberto Montaner le voit, « les États-Unis et l’Amérique Latine ne doivent pas se contenter de permettre que Cuba reste une dictature communiste, bien que les héritiers de Castro promettent d’être gardiens de prison accueillants. Si la diplomatie étasunienne a appris quelque chose au vingtième siècle, ce fut que l’unique garantie d’ avoir un voisinage pacifique dédié au bien-être du peuple à travers de l’exercice du commerce existe quand les nations pratiquent la démocratie et le respect par les droits de l’homme … La clé est d’induire l’établissement de la démocratie à Cuba, et à cette fin il est nécessaire de maintenir intacte la capacité de négocier ».

Keep U.S. embargo on Cuba
(Maintenir l’Embargo des Etats-Unis. contre Cuba)
Carlos Alberto Montaner
The Miami Herald , le 2 octobre 2003.

L’embargo a isolé les États-Unis de ses Alliés

Les États-Unis sont l’unique pays qui a imposé un embargo contre Cuba, une mesure critiquée par divers secteurs. Daniel Griswold, du CATO Institute, remarque que « Comme instrument de politique extérieure, la loi punit perversement non le régime même de Castro, mais certains de nos alliés commerciaux les plus proches comme le Canada et l’Union Européenne. » En effet, en 2003 l’ONU a approuvé une résolution intitulée la « Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis d’Amérique contre Cuba : Une résolution adoptée par l’Assemblée générale ».

Four Decades of Failure : The U.S. Embargo against Cuba
(Quatre Décennies d’Échec : l’Embargo des Etats-Unis contre Cuba)
Daniel Grisworld
CATO Institute, le 12 octobre 2005

La nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les États-Unis d’Amérique contre Cuba
Une résolution adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU, le 18 novembre 2003.

Lever l’embargo serait comme donner un message erroné

Beaucoup de partisans de l’embargo affirment qu’y mettre fin ouvrira les portes à d’autres régimes autoritaires et enverra comme une gifle aux défenseurs de la démocratie et des droits de l’homme. « Lever l’embargo ne normalisera pas les relations, mais cela donnera la légitimité – battant le drapeau blanc - à la lutte que Fidel a menée pendant 50 ans contre les yankees, en accueillant plus chaleureusement encore le dictateur et en encourageant la gauche latinoaméricaine. Comme l’économie est nationalisée, le commerce attirerait un flux abondant d’argent aux caisses publiques cubaines … permettant à La Havane de supprimer la dissidence interne et de renforcer ses plans communistes à l’étranger. La dernière chose que nous devons faire est de remplir les poches d’un régime qui investira ce gain pour maintenir la botte sur le cou du peuple cubain. La situation des droits politiques et humains à Cuba est déjà assez triste.

Keep the embargo, O
Peter Brookes
The New York Post, le 15 avril 2009

Points à débattre :

- L’embargo a-t-il été efficace pour faire pression sur le gouvernement cubain ? Devrait-il continuer ?

- Comment l’embargo contre Cuba a affecté les relations entre Etats-Unis et ses Alliés, spécialement dans l’hémisphère occidental ?

- Quels moyens diplomatiques alternatifs le gouvernement américain pourrait utiliser pour obtenir la démocratie à Cuba ?

- Que devrait recevoir -au cas où- le gouvernement des Etats-Unis en échange de mettre fin à l’embargo ?

- Est-ce que l’embargo est l’unique “carte de triomphe” des États-Unis ?

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Traduction libre et nono officielle de l’espagnol pour El Correo de : Estelle et Carlos Debiasi

- Les programmes étasuniens pour provoquer la démocratie se trouvent sous le feu

- La révolution cubaine : un dilemme pour le Mexique

Trouver cet article en : Anglais

* Michael Collins (michael.mc.collins (at) gmail.com) est associé aux Programme des Amériques du Centre pour la Politique internationale (www.ircamericas.org).

Programme des Amériques. États-Unis, le 13 juillet 2010.

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