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15 janvier 2003

Dans ambiance surchauffée Chavez voyage à Quito

 

Sur une note optimiste de reprise pétrolière, le président Hugo Chavez quittait mardi Caracas pour Quito où devrait se créer un « groupe de pays amis » pour aider à résoudre la profonde crise qui secoue le Venezuela, marquée pour son 44ème jour par de nouvelles violences lors de manifestations de l’opposition.

Par Bertrand Rosenthal
Agence France-Presse
Caracas

En raison de l’aggravation de la crise politico-sociale et des risques d’explosion, le Venezuela sera au menu des conversations des chefs d’État et personnalités présents à Quito pour l’investiture du nouveau président équatorien Lucio Gutierrez, avait indiqué lundi soir Cesar Gaviria, chargé de la médiation menée par l’Organisation des États Américains (OEA).

Mardi, l’opposition vénézuélienne avait de nouveau convoqué une marche à haut risque dans l’ouest de Caracas, bastion des partisans de Hugo Chavez, dont elle exige la démission.

La police a usé de gaz lacrymogène contre des partisans du président qui ont lancé des pierres sur le cortège de l’opposition qui tentait de se rendre plaza la India.

Les responsables de l’opposition ont alors décidé de changer l’itinéraire de la manifestation. D’autres marches se sont déroulées à Caracas et dans tout le pays.

Chaque jour, les manifestations de l’opposition comme celles des partisans du président vénézuélien donnent lieu à des incidents violents.

Mais alors que le pays est entré dans sa septième semaine de grève, et que l’essence dans les stations services se fait rare, le gouvernement, et même l’opposition, font état d’une restauration de la production pétrolière du pays.

Elle a atteint un million de barils par jour (b/j), a annoncé mardi le vice-président, Jose Vicente Rangel. « À cette date, nous produisons un million de barils par jour et la production atteindra 1,5 million à la fin de la semaine », a déclaré M. Rangel, lors d’une réunion avec les journalistes étrangers à Caracas.

La production du 5ème exportateur et 8ème producteur du monde était quasi-paralysée depuis le 2 décembre dernier.

L’opposition avait aussi reconnu lundi une augmentation de la production, mais seulement à un niveau de 413 000 b/j.

La production normale du Venezuela est d’environ 3 millions de b/j.

La paralysie de la société publique Petroleos de Venezuela (PDVSA) a conduit l’organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) à augmenter sa production de 1,5 million de b/j pour endiguer les tensions sur le marché international, dans un contexte de menace de guerre en Irak.

« Les énormes pertes de type économique dans tout le pays, sans compter le coût de la réactivation » de la PDVSA « dépassent les quatre milliards de dollars », avait déclaré lundi le ministre de l’Énergie Rafael Ramirez.

Selon plusieurs sources, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva présentera à Quito à ses homologues latino-américains l’idée de création d’un « groupe des pays amis » du Venezuela, auquel pourraient se joindre les États-Unis et l’Union Européenne.

Mardi, le vice-président vénézuélien a considéré cette initiative comme « un complément de la mission de Cesar Gaviria ».

En revanche, l’opposition refuse la présence des pays limitrophes du Venezuela dans ce groupe. « Dans ce cadre, ni le Brésil, ni la Colombie ne peuvent en faire partie », a déclaré lundi le député de l’opposition Timoteo Zambrano, en visite à Washington avec le président de la Centrale des Travailleurs du Venezuela, Carlos Ortega. Ils seront rejoints dans la capitale américaine par Carlos Fernandez, le président de la fédération patronale Fedecameras, l’autre leader du mouvement anti-Chavez.

Mardi à Caracas, des opposants ont organisé un concert de casseroles devant l’ambassade du Brésil, protestant contre la décision du président brésilien de livrer de l’essence au Venezuela.

Les États-Unis, premier client du pétrole vénézuelien, qui avaient initialement rejeté l’initiative du Brésil, étudient la possibilité de s’associer au « groupe des pays amis ».

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