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31 août 2013

Colombie, grèves et violences policières contre civiles et la presse

 

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Por primera vez en tres años de mandato el presidente colombiano, Juan Manuel Santos, afronta una de las rebeliones sociales más crudas, con su Gobierno en jaque debido a un paro nacional que aún no se sabe como terminará.

vendredi 30 août 2013

Forte répression de la police colombienne contre la population et la presse

Par Lionel Mesnard

Dans un communiqué publié en ce jour, la Commission Justice et Paix de Colombie a dénoncé l’agression dont ont été l’objet une journaliste et un photographe de Contagio Radio hier à Bogota à 15 heures locales, bien qu’indentifiables comme faisant partie de la presse. La journaliste et le photographe ont du essuyer une charge de la police et se réfugier dans un bâtiment public. Pareillement, à Medellin, un groupe de journaliste de presse a été aussi l’objet d’agression selon l’Agence Efe. Hier dans ces deux villes sont intervenus des heurts violents avec la police, pendant que se déroulaient des cortèges pacifiques en faveur ou en soutien au mouvement national de grève des paysans colombiens, et l’arrêt des traités de libre-échange.

Jeudi 29 août 2013, à Bogota ont surgi des individus cagoulés et s’attaquant aux forces de l’ordre, provoquant une riposte et des blessés parmi la police. La place principale Simon Bolivar de Bogota devait être l’objet d’un rassemblement à l’appel des étudiants du syndicat MANE, il s’est terminé sous les gaz lacrymogènes et avec des charges brutales de la police contre les manifestants. Il est à déplorer des blessés (89 selon Telesur) de chaque part et deux morts dans des circonstances un peu particulières (dont un mineur), et la police a procédé à des arrestations avec une brutalité inquiétante ou révélatrice ?

Au 12ème jour de grève, il est difficile de ne pas constater à quel point la répression policière touche aveuglement des civils dans de nombreux lieux du pays. A ce sujet, le collectif d’avocats colombiens José Alvear Restrepo a déjà publié sur son site des éléments prouvant dans plusieurs régions ou départements (1), l’action brutale et violente des forces de police de l’ESMAD.

Beaucoup de vidéos de particuliers circulent sur les réseaux sociaux ou les diffuseurs en ligne de contenu vidéo. Certaines scènes ou images sont effrayantes et certaines de ces actions policières vont jusqu’à intervenir dans les domiciles privés des personnes, les éléments de harcèlements sont nombreux et aussi de multiples tirs ont été constatés de toute part dans le pays sur les manifestants, depuis le début du mouvement « agraire ».

L’horreur et la terreur en Colombie par l’ESMAD !

Voir videohttp://www.youtube.com/watch?featur...

Compilation des attaques de l’ESMAD, images prises par des amateurs</center

Le mouvement depuis lundi, (à son huitième jour) : (lire l’article en relation) s’est étendu aux rues de la capitale et sous les coups des casseroles et chants des participants. Une bonne dizaine de milliers de personnes ont ainsi manifesté leurs soutiens en début de soirée sur la Place Bolivar.

Steven Cohen dans le « ColombiaReports »

« La grève nationale en Colombie qui avait débuté par une grève du monde rural le 19 août a pris beaucoup d’ampleur du fait d’un soutien populaire croissant ».

(…) Plus de 10 000 personnes ont participé à des “cacerolazos” - manifestations dans lesquelles les participants frappent sur des casseroles ou autres ustensiles de cuisine - organisées à travers toute la Colombie dans les grands centres urbains le lundi 26 août au soir pour soutenir le mouvement de protestation des agriculteurs. De nouveaux groupes socio professionnels comme les mineurs, les travailleurs du domaine de la santé et les routiers se sont joints à la grève des agriculteurs. (…)

(…) Dans ce pays, un nombre croissant de citoyens, manifestants ou non, interpellent le gouvernement et lui demande de prendre en compte l’inquiétude croissante des grévistes et d’éviter au pays l’extension d’une paralysie économique catastrophique déjà effective dans plusieurs régions. (…) (Source Global Voices)

Mercredi dernier, le président Juan Manuel Santos sortait de son inflexibilité et promettait une issue par des propositions économiques visant à appuyer l’agriculture et la production agricole nationale.

Jusqu’à présent aucun accord n’est intervenu et trois départements sont totalement impropres à la circulation des véhicules, en raison des blocages routiers (dans le département de Boyaca notamment). Il a été mentionné par ailleurs, qu’il s’agissait de 48 axes de routes concernés, qu’il y aurait en cours une quinzaine de marches se déployant dans le pays, plus de multiples actions d’appuis, de soutiens ou de participations à cet éveil social des campagnes, qui se déroule sans plier devant les provocations policières. (el vigoroso resurgimiento de la izquierda social)

Il a pu être constaté sur une vidéo du 22 août 2013 comment des hommes cagoulés pouvaient échanger avec la police. Le fait que soit apparu ce genre de phénomène hier dans les rues de la capitale n’a rien de surprenant. Les encagoulés, c’est un vieux modèle du genre, qui fonctionne quand un gouvernement se sent un peu faible face à la vindicte populaire. Et cela marche toujours quand il s’agit au Chili et en Colombie de cortèges étudiants, il y a toujours des casseurs, bien évidemment non identifiables et rarement dérangés, si ce n’est servant à discréditer ceux s’élevant contre une méthode de gouvernement peu scrupuleuses des droits humains et démocratiques.

La presse et violences policières en Colombie

Medellin, jeudi 29 août des journalistes de presse agressés par la police

Les journalistes de la ville de Medellín ont dénoncé ce jour qu’ils avaient été agressés par la police alors qu’ils couvraient la manifestation de soutien à la grève du secteur agricole. Les agressions se sont déroulées à 13 heures pendant qu’ils couvraient une manifestation et les journalistes concernés couvrait l’événement pour le Canal Teleantioquia, Blu Radio, le quotidien El Colombiano, et un photographe de l’Agence Efe.

« Nous étions en train de prendre des photos et les policiers nousont dit que nous ne pouvions plus le faire, sinon qu’ils allaient casser notre matériel » a déclaré Luis Eduardo Noriega, photographe au service de l’Agence de presse Efe.

« Un peu avant 13 heures, ils avaient frappé un autre journaliste de Blu Radio, lui très proche lançant une bombe étourdissante et un fragment lui a fait une coupure au front » a précisé Luis Eduardo Noriega à l’Agence Efe.

Bogota, jeudi 29 août, deux reporters de la Radio Contagio chargés par la Police

Ana María Rizo et Luis Gabriel Galindo journalistes, défenseurs des droits humains, de Contagio Radio, ont été agressés par des agents de l’ESMAD pendant qu’ils couvraient en audio et en video la mobilisation, qui va en se développant dans la ville de Bogota en soutien à la grève nationale agraire.

La journaliste, Ana María Rizo a été obligée de se réfugier dans les locaux d’un bâtiment public de la Justice, se situant à la hauteur de la rue n°12 et n°7 vers 15 heures, en raison des agressions de l’ESMAD avec des gaz, pendant qu’elle accomplissait son travail de presse. Les membres de la force publique les ont empêchés de sortir du lieu, par des harcèlements et des intimidations permanentes.

Luis Gabriel a été agressé par des agents de l’ESMAD qui cherchaient à l’attraper alors qu’il filmait. Tout en cherchant à asperger d’eau sa caméra. .

Luis Gabriel et Ana Maria Rizo ont été molestés dans le centre de Bogota, alors qu’ils cherchaient à rejoindre la place Simon Bolivar, les policiers de l’ESMAD frappèrent et s’emparèrent de Luis Gabriel qui se trouvait entrain d’enregistrer des images de la mobilisation, de même les policiers ont empoigné la journaliste pendant une diffusion en directe, par téléphone.

Images de l’agression de l’équipe de CONTAGIO Radio

Voir video

Les agressions d’hier, se sont produites sur des personnes indentifiables avec leurs signes visibles de presse.

"Contagio Radio a suivi au niveau régional et national et en direct la Gréve du mouvement agraire depuis le 19 août, donnant à faire connaître à l’opinion publique les différentes agressions de la force publique (et de l’ESMAD en particulier).

Nous réitérons la nécessité que le gouvernement offre des garanties, pour le défense et la protection des droits humains et la liberté d’expression devant les abus d’autorité et l’usage indiscriminé et poussés des forces policières."

Ecouter la bande sonore au moment auquel les journalistes furent attaqués : Cliquez ici !

Libres Amériques, 30 aôut 2013.

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