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8 mars 2014

Chronique d’une guerre annoncée au Mexique.
La violence à six ans du début de la guerre contre le narcotrafic.

 

Le Mexique contemporain est un cas illustratif d’un « nouveau contexte de violence », loin des cadres traditionnels de guerre , où il est difficile de distinguer les détonateurs du conflit des circonstances aggravantes et de ses conséquences.

La violence au Mexique est plurielle et contradictoire . D’une part, l’exhibition de corps démembrés, les fusillades fortuites et les actes de terrorisme signalent l’arrivée de formes de violence intenses, imprévisibles et aveugles face aux victimes, dont beaucoup sont des civiles .

L’ampleur du problème est difficile à saisir, car la violence échappe aux mesures fiables. Non seulement les sources officielles ne sont pas toujours crédibles , mais aussi le « chiffre noir », c’est-à-dire les crimes non dénoncés par les victimes par peur ou méfiance, est élevé. On sait que le taux d’homicides est passé de 9,7 pour 100 000 habitants (2006) à 23,7 (2011) , égalant ainsi des statistiques propres à des pays vivant un conflit armé interne.

Ciudad Juarez, située à la frontière mexicano-américaine, a déjà reçu le titre de la ville la plus meurtrière de la planète. Les 3 000 homicides enregistrés en 2010 ont fait de cette municipalité de 1,3 million d’habitants un endroit plus dangereux que Bagdad, Caracas ou Kandahar . D’autre part, et malgré ce scenario, le Mexique restait en 2011 un endroit plus sécuritaire que des pays comme la Colombie, le Salvador, le Honduras ou le Venezuela. Clairement, des États comme Baja California, Chihuahua, Durango, Guerrero, Michoacán et Sinaloa détenaient des taux très élevés d’homicides. Pourtant, la violence n’est pas répartie équitablement à travers le pays, si bien que les statistiques du Yucatán étaient comparables à celles de la Belgique.

Cette chronique vise à dégager un raisonnement capable de relier diverses thèses dans une démarche moins morcelée, en se penchant sur les causes et les effets de cette violence. Deux hypothèses seront étudiées, l’une traitant la violence comme variable dépendante, l’autre comme indépendante :

  • (a) la violence résulte de la transformation du marché international des drogues, de la guerre amorcée par le Président Calderón en 2006 et de l’érosion des pactes informels historiques entre acteurs légaux et illégaux ;
  • (b) la violence au Mexique produit une détérioration du régime démocratique et l’affaiblissement du contrôle territorial de l’État

(...)

Lire la suite dans le documents ci-joint

Fernando A. Chinchilla. OdA, Février 2014

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