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15 juin 2007

Banque mondiale :
Robert Zoellick seul en lice, malgré la controverse

 

Malgré les critiques qui ont accompagné sa désignation, jugée politique, le candidat américain Robert Zoellick était toujours seul en lice jeudi soir, pour succéder à Paul Wolfowitz à la tête de la Banque mondiale (BM).

Par José Cendron
AFP/Archives
. Paris, le 15 juin 2007.-

"Pour l’instant, le candidat américain est le seul dont nous ayons connaissance", a indiqué jeudi soir à l’AFP un responsable de l’institution multilatérale, qui a souhaité conserver l’anonymat.

Les Etats-Unis ont annoncé fin mai avoir choisi M. Zoellick, ancien représentant étasunien au Commerce (USTR) et ex-numéro deux du département d’Etat, pour succéder à Paul Wolfowitz.

Ce dernier avait annoncé sa démission quelques jours avant, à l’issue d’une affaire de népotisme qui l’avait opposé au conseil d’administration de la BM et à ses employés.

Mais après la démission de M. Wolfowitz, qui sera effective au 30 juin, plusieurs voix s’étaient élevées pour critiquer la règle non-écrite selon laquelle les Etats-Unis choisissent le dirigeant de la BM et les Européens celui du FMI.

Ces experts, militants d’ONG ou responsables politiques, réclamaient un processus de sélection basé sur les strictes compétences des candidats, pas sur leur nationalité.

"Les futures nominations devraient être faites en utilisant un processus de sélection ouvert et transparent, sans restriction en fonction de la nationalité," avait notamment estimé le président sud-africain Thabo Mbeki.

"Le gouvernement brésilien estime que cette coutume ne trouve aucun fondement dans la réalité contemporaine et constitue un anachronisme", avait également jugé le ministre des Finances du Brésil Guido Mantega.

Plus critique encore, le Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM) avait estimé que comme le président de la Banque mondiale "sera une fois de plus un ressortissant des Etats-Unis", l’institution va être "un instrument au service de la politique extérieure des Etats-Unis et des intérêts des multinationales étasuniennes".

Pourtant, quelques heures avant l’échéance fixée par le conseil d’administration de la Banque pour recevoir les candidatures, à savoir vendredi soir, nul autre candidat que celui des Etats-Unis n’avait été présenté.

"Si quelqu’un doit bouger, c’est du côté des pays émergents", estime un spécialiste des questions de développement, qui a également souhaité conservé l’anonymat.

Après le départ annoncé de M. Wolfowitz, qu’ils souhaitaient tout particulièrement, les Européens avaient en effet laissé entendre qu’ils acceptaient que l’administration étasunienne garde la main sur la désignation de son successeur.

"Je n’ai pas entendu dire que les pays siégeant au Conseil d’administration souhaitaient remettre en cause cette pratique", avait notamment déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattéi.

Mais l’autre gros bloc du conseil, à savoir les cinq pays émergents (Brésil, Chine, Inde, Mexique et Afrique du Sud) n’avait pas présenté de candidats jeudi soir.

Profitant du boulevard qui s’ouvre devant lui, M. Zoellick, a décidé de prendre de l’avance sur le calendrier.

Même si sa prise de fonction ne doit pas intervenir avant le 1er juillet, il a déjà rencontré individuellement les membres du conseil d’administration et entrepris le 4 juin une tournée internationale, axée sur l’Afrique.

Le candidat étasunien s’est rendu au Ghana, en Ethiopie, et en Afrique du Sud avant de traverser l’Europe pour rencontrer des dirigeants du Royaume-Uni, de France, d’Allemagne et de Norvège. Il doit conclure sa tournée, la semaine prochaine en Amérique latine.

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